‹ Œuvres complètes;Chapitre 80 sur 436 · A Paris, ce i" d'août · texte numérisé non relu

A Paris, ce i" d'août

Monsieur, je me réjouis que vous soyez de retour de Montpellier, et désire que vous en oyez bientôt autant de M. de Valavez. Je l'espère bien comme cela, si ce n'est qu'en cette guerre de Clèves * il lui prît envie d'être soudard. Les nouvelles que nous en avons font ouvrir les oreilles à un monde de gens. J'ai ce matin passé en la rue de la Heaumerie, où il ne fat jamais mené tant de bruit. Un doreur m'a dit que pour sa part il avoit cinquante armures complètes à dorer, et qu'il y en avoit deux cents de commandées. La plupart sont pour la compagnie de Monseigneur le Dauphin. Quoi qu'il y ait, je crois que cette affaire sera comme celle de Sedan. Le fait est que le duc de Clèves, qui est mort sans enfants, il

Lettbk 48. — I. Les présidents du Vair et de la Ceppède.

Lettre 49- — i- Malherbe avait d'abord écrit : et dans cette guerre de tumulte, » puis il a effacé ce dernier mot et a mis Clèves à la suite.

Malherbe, ui 7

y a quelque temps, avoit quatre sœurs ' : F aînée fut ma-

^ °^ riée en Brandebourg; les deux autres aux Deux-Ponts, à deux frères ; et la quatrième est mère du marquis de Burgaw' . Les aînés, qui sont les vrais héritiers, ont recouru à la protection du Roi. Le dernier, qui cherche du droit en la force, s'est retiré vers l'Empereur et TArchiduc. Le marquis de Burgaw est dans Juliers, et Spinola près de là, avec une petite armée pour l'assister. Brandebourg est dans Clèves, mais si foible que le ban de l'Empereur y a été publié en sa présence. Entre ci et mardi nous serons résolus de la paix ou de la guerre. Tout ce que le Roi veut faire pour ce Brandebourg et pour Neubourg, qui est ici il y a environ six semaines, c'est que leur droit leur soit conservé, et que ceux d'Autriche ne se saisissent* de cet Etat sous ombre d'assister ce Burgaw. Pour moi, je crois que tout se terminera par un bon accord. Je ne sais si c'est pource que je le désire, mais il y a bien de l'apparence, et des gens qui sont bien avant des affaires ont cette même opinion. Le jour que je reçus votre lettre, je fus moi-même parler à l'orfèvre de la Maque, qui me dit qu'il avoit fait deux ou trois réponses, et qu'au demeurant il avoit nouvelles que son fils n'étoit plus à Aix, et qu'il n'y avoit moyen de trouver des compagnons qui voulussent aller en Provence. Vous recevrez, dans ce paquet, la réponse de M. Beys, et verrez

a. Jean-Guillaume, duc de Clèves et de Juliers, laissa cinq filles, dont une, Elisabeth, mourut sans avoir été mariée. Les autres furent : Marie-Eléonore, femme d'Albert-Frédéric de Brandebourg, duc de Prusse; Anne, femme de Philippe-Louis de Bavière, duc de Neubourg; Madeleine, femme de Jean de Bavière, duc de Deux- Ponts; Sibylle, femme en secondes noces de Charles d'Autriche, marquis de Burgaw.

Page 1