Malherbe a écrit Burgos
4. Malherbe avait mis a ne se saisissent point; » il a ensuite effacé point.
comme il a reçu les cent cinquante livres. Je m'en vais
faire un voyage en Touraine, où nous serons environ deux mois, sans autre sujet que pour chasser : jugez par là si la guerre est fort échauffée. M. de Vendôme s'en va dans quinze jours pour tenir les états en Bretagne, où il sera fort accompagné. Je n'ai, ce me semble, autre chose qui vaille de vous être écrite. Ce qui me reste, c'est de vous baiser bien humblement les mains, et de vous assurer que je suis toujours votre plus humble et plus affectionné serviteur,
Fr. de JVIalerbe.
Je n'écris à personne, pource que je suis sur mon partement pour ce beau voyage, qui me trouble si fort que je ne sais ce que je fais. Vous m'excuserez envers Messieurs les premiers présidents*, et les assurerez que je suis leur serviteur. Vous en direz, s'il vous plaît, de même à M. du Périer. Dimanche dernier, après souper dans le grand cabinet de la Reine, je fis voir au Roi l'inscription de M. du Vair*. Monsieur le Grand la lut dignement, et rendit à l'auteur tout le bon office qui se pouvoit en cette occasion. Il n'y avoit d'auditeurs que Sa Majesté, M. de Rohan et moi. Mmes la princesse de Conty , de Sully, la duchesse de Rohan et Mlle de Rohan ', étoient au cabinet; mais elles s'entretenoient à part. La Reine
5. Après avoir d'abord écrit : « Monsieur le premier président du Vair, » Malherbe a rayé le nom propre, et changé le singulier en pluriel.
6. Cette inscription, imprimée dans les OEuvres de du Vair (ifiaS, in-f"», p. 733), est intitulée : Inscription faicte à U honneur du feu Roy- Henry le Grand, pour estre mise au frontispice de l'entrée du collège de Bourbon, que Sa Majesté a fondé en la ville d'Aix en Provence.
7. Aune de Rohan, fille de René de Rohan et de Catherine de Parthenai, morte sans alliance en 1646, dans sa soixante-deuxième année. On a d'elle quelques poésies.
loo LETTRES A PEIRESC.
soupoit dans le petit cabinet. L'ouvrage fat loué comme il devoit; si Monsieur le Grand y fit son devoir, je ne m'y oubliai pas de mon côté. Ce témoignage étoit dû à la vérité, mais encore fis-je ce que je devois à l'affection.
5o. — A Paris, ce lundi 17' d'août.
Monsieur, j'ai fait réponse à toutes vos lettres, et vous ai averti comme j'ai mis vos paquets entre les mains de M. Ycart, qui les garde pour le retour de M. de Valavez. Je vois bien que la curiosité l'emporte plus avant qu'il ne s' étoit promis, et qu'il a peur que vous n'ayez quelque avantage sur lui, mais si ne peut- il plus guère demeurer à venir ; j'en souffre aussi bien comme vous, et prie Dieu qu'il le ramène bientôt à son contentement et à celui de ses amis. Je vous remercie de vos nouvelles : dès que je les eus reçues, je les allai porter à Mme de Guise, qui en * fut extrêmement aise ; elle en avoit bien eu par un laquais de M. de Guise, mais non pas de si particulières^. La différence des avis étoit qu'on lui mande que M. le comte de Garces' y est allé, et vous me mandez que non. Il a été dit et écrit d'ailleurs qu'il s'est embarqué; mais j'aime mieux vous croire, que je sais qui écrivez avec poids, que les autres, qui le font le plus souvent à la volée et sans s'informer des choses que superficiairement. Pour ce que nous avons déplus nouveau, c'est que le président Richardot * est ici, et s'en va trouver le Roi
Lettre 5o. — 1. En a. été ajouté après coup, dans l'interligne.
2. Il s'agit d'une expédition du duc de Guise contre les Barbaresques.