‹ Œuvres complètes;Chapitre 89 sur 436 · Pour est en interligne · texte numérisé non relu

Pour est en interligne

3. Jacques Ribier, conseiller au parlement de Paris, l'un des correspondants de Peiresc. Il avait épousé Françoise Aleaume, nièce par sa mère de Guillaume du Vair.

LETTRES A PEIRESC. ii3

hier, auxquelles j'ai donné cette bonne nouvelle; ou pour mieux dire, je la leur ai confirmée, car ils avoient déjà eu des lettres de Monsieur le président. J'ai trouvé Mlle Ribier en couche d'un fils, et par conséquent bien éveillée et toute prête d'en recommencer un autre. Ce discours me fait souvenir de la pauvre Mme de Saint-Luc * , qui est en travail depuis quatre heures de matin. La Reine, qui s'informe pour son intérêt des grossesses et des couches, en a parlé tout du long de son souper, et entre autres choses a dit qu'elle croyoit que Mme de Saint-Luc étoit plus mal qu'on ne lui avoit rapporté, mais qu'on avoit peur de l'étonner en l'état où elle étoit; toutefois que quant à elle, elle n'appréhendoit point cela, et qu'elle savoit bien qu'il n'en seroit que ce que Dieu en avoit ordonné. Il y a environ demie heure qu'elle a envoyé un des garçons de sa chambre pour en savoir des nouvelles. Cela montre qu'elle y pense, quelque mine qu'elle fasse. Dieu nous gardera, s'il lui plaît, une si bonne Reine. Elle est extrêmement grosse, et dit-on qu'elle ne le fut jamais tant. Elle disoit hier au soir qu'elle feroit une fille, et que la chambre où elle devoit accoucher y étoit fatale; qu'elle y avoit fait Madame Ghrestienne *; que la reine Elisabeth • y avoit fait sa fille, et en allégua encore quelques autres exemples. Elle conmience demain une dévotion de trois jeudis. Son pavillon, pour la mettre quand elle auia accouché, est déjà pendu et dressé' en sa ruelle, et celui de son travail est pendu au haut du plancher, troussé dans

4. Henriette de Bassompierre , femme de Timoléon d'Espinay- Saint-Luc, maréchal de France, morte à Paris en novembre 1609.

5. Christine, née en 1606, mariée en 1619 au duc de Savoie, morte en i663.

6. Elisabeth d'Autriche, femme de Charles IX. Sa fille, Marie- Elisabeth, née en iSya, mourut en iSyS.

7. Les mots et dressé, et à la ligne suivante troussé, sont en interligne.

Malherbe, m 8

ii4 LETTRES A PEIRESC.

une enveloppe d'écarlate, comme Ton pend une lanterne, pour être tout prêt à laisser choir quand on s'en voudra servir. Je ne vous ai entretenu que d'accouchées, mais c'est faute d'autre chose. Je vous entretiendrois bien d'un mariage dont l'on a fort parlé, et dont l'on parle fort en cette cour ; mais ce sont choses qu'il n'y a moyen d'écrire. M. de Valavez s'en doit aller bientôt. Si je sais, lorsqu'il partira, quelque chose de plus que le commun de cette affaire ou de quelque autre, je le lui dirai pour le vous apprendre. Vous m'aviez prié de savoir ce que l'on dit chez Mme la comtesse de Sault touchant le testament *. Je vous ai répondu que c'est une maison où je ne hante plus depuis la mort du pauvre comte ; mais j'en ai parlé à des gens qui sont du conseil, qui disent que l'on s'en moque là dedans ; et un que vous connoissez m'a dit ' qu'un nommé Blanc, qui fait les affaires de Madame la comtesse, lui avoit dit qu'il ne donneroit pas cinq sous du droit de M. de Vins : je ne sais ce qui en sera. A eux ! Je vous mandai dernièrement que le marquis de Rosny et Mlle de Créquy avoient été mariés ; mais je ne vous mandai pas que l'épousée fut menée avec la mante, qui ne lui fut mise qu'à Charenton. L'on dit qu'elle se fût gâtée dans le carrosse : cela est remarqué, pource que cet honneur ne se fait qu'aux duchesses. M. de Sully lui donna un ameublement de chambre de veloux cramoisi violet, sans or, et y avoit un dais qui ne se baille aussi qu'aux duchesses. Toutefois on dit que depuis il l'a fait ôter. Je ne sais ce qui en est. Hier elle demanda le tabouret, au moins fut-il demandé pour elle. La réponse n'en fut pas faite sur-le-champ ; je ne sais pas si on l'a faite aujour-

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