‹ Œuvres complètes;Chapitre 99 sur 436 · Voyez lettre 56, p. 119, note · texte numérisé non relu

Voyez lettre 56, p. 119, note

11. « D'obéir son mari > est le texte de l'autographe. 13. Malherbe avait d'abord écrit : c un matin. »

iSHS LETTRES A PEIRESC.

satins, veloux, toiles et dentelles, passementerie, et généralement de tout ce dont elle pou voit avoir affaire . Un gentilhomme qui les conduisoit lui dit, de la part de rinfante, qu'elle prît ce que bon lui sembleroit. Elle ne prit rien qu'un manchon et quelques gants, et autres telles gentillesses : l'ambassadeur de France*', qui étoit avec elle, le lui conseilla de cette façon. M. de Sully, quiavoit su que Monsieur le Prince fondoit son voyage sur quelques langages qu'il lui avoit tenus , lui écrivit une fort longue lettre**. Monsieur le Prince ne la voulut point recevoir, et dit qu'il savoit que c'étoit un homme qui faisoit profession d'outrager tout le monde ; et que quant à lui, il ne le pouvoit pas souffrir pour l'inégalité de leurs qualités. Il s'est baillé des copies de cette lettre en cette cour ; mais je n'ai pas jugé qu'il fût besoin de la vous faire voir. Les fêtes de Nouel ont quelque chose de fatal à la fortune de M. de Sully : il** avoit demandé au Roi un certain office de prévôt en Bourbonnois; le Roi lui dit qu'il l'avoit baillé à Mme de Mercœur pour M. de Vendôme,

i3. Matthieu Brûlart, seigneur de Bemy, résident de France près l'archiduc Albert. Dans une lettre sans date à lui adressée par Henri IV, et que M. Berger de Xivrey donne à tort, à ce qu'il nous semble, comme écrite vers la mi-février 1610, on lit ce qui suit : « Je désire que vous donniez charge à vostre femme de voir souvent Madame la Princesse, et l'assurer que vous avez ci-devant parole de moi de l'assister et lui bailler tout ce qu'elle aura besoin, comme je vous en prie, et sitôt que je saurai quoi, je vous le ferai rendre ; aussi à cause de sa jeunesse qu'elle l'instruise de ce qu'elle aura à faire et devra comporter voyant l'Infante ; et au reste, selon les occasions, faire tout ce que vous jugerez être à propos pour son bien et mon contentement. Mais surtout que ce soit de façon que le Prince, ni pas une de ses femmes n'en sachent rien.,., » [Recueil des lettres missives de Henri IF, tome VII, p. 834.)

14. Cette lettre se trouve dans les OEconomies royales de Sully, année 1609, chapitre cxcrv.

15. Devant il, Malherbe a efîacé ces mots : la veille de Nouel.

et qu'il le leur demandât. Mme de Mercœur et M. de Veudôme, aussitôt qu'ils le surent, le lui envoyèrent offrir. M. de Sully lendemain manda au Roi que Mme de Mercœur les avoit trompés tous deux. Il vouloit dire que le Roi, qui l'avoit remis à elle, n' avoit pas cru qu'elle fût si libérale, comme certainement il étoit vrai; car il tança fort M. de Vendôme d'avoir donné une chose d'importance si légèrement. M. de Vendôme lui répondit que M, de Sully avoit tant de puissance et d'autorité en France, qu'ils ne pouvoient faire leurs affaires sans lui, et que si l'office eût valu deux fois autant, ils le lui eussent baillé. La première fois que M. de Sully vint voir le Roi, il lui dit l'offre que M. de Vendôme et Mme de Mercœur lui avoient faite. Le Roi lui dit qu'il se devoit contenter que sa femme en avoit eu trois mille livres, et son secrétaire deux mille, et qu'il se lassoit d'être dérobé, avec une infinité d'autres tels discours ; et là-dessus, le Roi entrant dans la chambre de la Reine, dit : « Enfin cet homme est insupportable , il n'y a plus de moyen d'en endurer. « Voilà l'histoire. Le lendemain le Roi lui fit meilleure chère** que jamais. Mjne la marquise de Verneuil a été environ un mois à une lieue de cette ville, en un village nommé Charronne. Le Roi ne l'a jamais vue; je crois qu'elle a été tout ce temps-là si près de cette ville pour voir si le Roi ne changeroit point d'avis ; mais cela n'a de rien servi. Elle s'en va demain à Verneuil. Hier Monsieur son fils la lut voir , et comme il prit congé d'elle, elle lui dit : « Mon fils, baisez très-humblement les mains au Roi de ma part, et lui dites que si vous étiez à faire, il ne vous eût jamais fait avec moi. » Nous avons mille drôleries ; mais je m'ennuie d'écrire, ce sera

16. C'est-à-dire meilleure mine. Voyez les Lettres de Mme de Sé~ ngité^ tome HI, p. 438.

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pour une autre fois. Voilà pour cette heure ce qu'il y a de plus relevé. La Reine fait demain sa première sortie ; elle fera ses pâques à l'église de Saint-Germain.

M. des Diguières s'en va duc". Il s'en retourne, à ce que l'on dit, dans huit ou dix jours.

M. de la Boderie** est en Angleterre pour solliciter le roi d'Angleterre de se joindre à la guerre de Clèves, en laquelle il n'y a jusques à cette heure rien d'assuré.

Du mariage de Madame et du prince de Savoie*', je vous en écrirai par le premier. Je ne vois goutte de sommeil et ce discours est trop long.

Faites voir ceci à M. le président de la Ceppède; car je me suis ruiné sur vous de toutes nouvelles. Adieu, Monsieur.

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