‹ Œuvres complètes;Chapitre 98 sur 436 · Mme d'Angoulême était tante de la princesse de Condé · texte numérisé non relu

Mme d'Angoulême était tante de la princesse de Condé

9. Malherbe avait d'abord écrit : « mais je crois qu'il y arriva. » Quatre lignes plus bas, il a substitué témoigna à dit.

LETTRES A PEIRESC. laS

il habillé à l'espagnole . L'Archiduc lui donne, et à Ma- ■ dame sa femme, de l'Excellence : elle fut voir l'Infante*", qui alla dix ou douze pas au-devant d'elle, la fit marcher à sa main droite jusque sous le dais, où il lui fut baillé deux carreaux; car de tabouret il ne s'en parle point, et l'Infante même n'a que des carreaux. L'Infante lui loua fort sa beauté, et lui dit qu'elle l'estimoit encore plus pour avoir suivi son mari que pour tout le reste, que la plus grande beauté d'une femme étoit d'obéir son mari" et préférer son contentement à toutes choses. Elle s'étendit fort sur ce discours. On y ajoute qu'un jour qu'elle l'étoit allée voir, je ne sais si ce fut cette fois-là ou une autre, elle lui dit qu'elle lui vouloit faire voir comme elle traitoit celles qui n'étoient pas sages, et qu'en sa présence et d'une grande assemblée de dames elle fit fouetter une de ses dames (c'est ce que nous appelons filles eu France) qui, sans son congé, avoit reçu un poulet d'un cavalier espagnol. Madame la Princesse fut visitée par l'Archiduc ; elle le vint recevoir au bas du degré; il alla toujours avec elle le chapeau en la main jusque dans sa chambre, où s'étant assis l'un près de l'autre, ils parlèrent près de deux heures ensemble. L'on dit que tant qu'il parla à elle , il eut toujours les yeux fichés en terre. En sortant, elle l'alla accompagner; et passant par une galerie pleine de tableaux, où entre autres il y en avoit de plusieurs dames, il lui dit : « Autrefois on a tenu ces femmes-là pour belles ; mais à cette heure il ne faut plus parler d'autre beauté que de la vôtre. » Un jour", sortant de sa chambre, elle trouva son antichambre toute pleine de marchands de toiles d'or.

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