AT. MES
Quoi!
PHILIPPE
C'est la paix, Agnès, qu'il est venu conclure.
AGNÈS
La paix! Que dites- vous!
PHILIPPE
Oui. — Je me suis soumis.
,1'ai demandé pardon, moi, le roi; j'ai promis. Sachant que la croisade est le rêve du pape, Que, s'il voulait lever l'interdit qui nous frap|)e, J'irais en terre sainte, et m'acheminerais En tête d'une armée équipée <à mes frais.
— Ah ! la querelle ainsi n'eilt pas été vidée , Si j'avais donné suite à ma première idée ! Mais tes larmes tombaient sur mon cœur amolli. Et ton repos, Agnès, m'a commandé l'oubli.
AGXÈS.
Kt le pape voudra, n'est-ce pas?
PHILIPPE
Je suppose Que l'envoi du légat n'a pas une autre cause.
Je caciiais cet espoir, quand on pouvait douter: 3Iais pourquoi le légat, si ce n'est pour traiter?
VGNKS.
Oui, c'est vrai! je le crois! C'est chose bien prouvée!
— Pourquoi reviendrait-il? — C'est vrai! Je suis sauvée! Je renais; je resi)ire avec ravissement.
<}uand je songe... o mon Dieu !... Mais le ciel est clément: Il voulait m'éprouver par cette pénitence, Va ma docilité me vaut ma récompense.
— Quel bonheur! Te voilà! Je te verrai demain, Après-demain, toujours !
Pnil.IPI'E, vuyant entrer le moine.
Ah ! le légat romain !