‹ Œuvres complètesChapitre 113 sur 237 · ACTE TK 01 SI K. ME · texte numérisé non relu

ACTE TK 01 SI K. ME

Et ton dédain pour moi n'est que trop légitime. Mais, s'il n'a plus l'amour, ton ca-ur a la pitié; Il s'est encore ému d'un reste d'amitié, Et tu ne voudrais pas, clémente au misérable, Joindre ton abandon à tout ce qui m'accable.

— Sois bénie en cela! Quand tu m'aurais quitté, Je n'aurais pas le droit d'en paraître irrité; Mais, puisque ta pitié s'est montrée infinie,

— Hélas! c'est ta pitié! — n'importe, sois bénie!

AGNES, à part.

A Philippe.

Et moi qui vais partir ! malheureuse î — Seigneur,

Par le cher souvenir de notre ancien bonheur,

Par la sérénité de nos amours passées,

De grâce, au nom du ciel, n'ayez pas ces pensées!

Ne les ayez jamais, quoi qu'il arrive!... Ah! Dieu!

Moi, ne plus vous aimer! moi, vous estimer peu!

Eh! qui donc dans le monde est votre égal? Quel autre,

Peut se glorifier d'un nom comme le vôtre?

Tout est à vous : génie, éclat, bonté, valeur.

Vous grandissez encor de tout votre malheur.

— Je vous accuserais, moi! Que puis-je reprendre? Pourquoi donc souffrez-vous, sinon pour me défendre?

— Que parliez-vous tantôt d'appareil souverain? La perte ne m'en fait ni plaisir ni chagrin;

Je ne m'en souviens pas. — Ce palais désert, sire, Est un vivant palais où votre amour respire ; Ces murs silencieux ont pour moi des échos Qui murmurent toujours le bruit de vos propos; Et pas un lieu de fête et de réjouissance , Avec toute sa foule et sa magnificence. Ne me paraît si plein et si resplendissant

111(1 AGNfcS DE MI'MIANIE.

Que cette solitude où vous êtes présent.

PHILIPPK.

Dis-tu vrai? — Mais pourtant la pâleur de ta joue!

— Tes larmes!

AGNÈS

Eli bien, oui, j'ai pleuré: je l'avoue. C'est que j'ai vu celui (pii nous est trop connu. Le uioine, — vous savez, — le moine est revenu.

p n i L I p p lî .

Le moine est reveuu ! Tant mieux : c'est bon augure

Page 1