ACTE DFUXIKME
Elle so tourne vers le portrait de Corneille.
Oh! si tu revivais, toi de qui le pinceau
V du triumvirat fait un si noir tableau,
(( l^t (|ui ne trouvais point de couleurs assez noires
Pour eu représenter les tragiques histoires, »
(^ue ne dirais-tu pas de ce triumvirat
Où tu verrais Danton, Robespierre et Mai'at!
Auprès de chacun d'eux Lépide paraît juste,
Antoine est un grand homme, et c'est un dieu qu'Auguste.
— Mais c'est peu d'un vengeur. Je suis seule ; ils sont trois. Leurs crimes presque égaux embarrassent mon choix. Duquel des trois faut-il d'abord purger la terre ? Lequel frapper, — Marat, Danton, ou Robespierre? Marat, surtout, Marat, si j'en crois mes instincts!
Mais je veux m'entourer d'enseignements certains. Point de hâte. L'honneur d'une telle pensée Est d'être gravement pesée et balancée.
— Il fait jour; j'entends Marthe au bas de l'escalier; Allons, occupons-nous du travail journalier.
Avant de sortir, elle regarde encore le portrait de Corneille.
Corneille, mon aïeul, tu seras content. — Place, Kmilie et Cinna! je suis de votre race.
Elle sort.
280 CHARLOTTE COHDAV