‹ Œuvres complètesChapitre 176 sur 237 · VOIX DU DEHORS · texte numérisé non relu

VOIX DU DEHORS

Vive la République!

Tous ceux qui sont à l'intérieur agitent leurs chapeaux. — Le refrain de la .}farseillaise éclate avec force.

"294 CHARLOTTE CORDAV.

BARBA ROUX , un peu en arrière des autres girondins.

Heureux jeunes soldats!

Joyeux et confiants , ils marchent aux combats ; Ils croient à la justice, et s'étonnent des crimes.

— Nous aussi, nous avions'de ces élans sublimes.

Cliarlotte l'observe et l'écoute attentivement. B U Z O T , à BarlKiroux.

Pourquoi donc, Barbaroux , ces mots décourageants? N'as-tu pas bon espoir, à voir ces jeunes gens?

On n'entend plus la Marseillaise que dans le lointain. BARBAROUX.

Dieu veuille qu'en ceci je sois mauvais prophète, Buzot; mais nous marchons, je crois, à la défaite. Quelle armée avons-nous? Un millier de Normands. Où sont les bras promis par les départements? Ils sont soixante et dix, qui font pour notre cause En paroles beaucoup, en œuvres peu de chose.

— Sieyès! prudent Sieyès! vous aviez bien raison. Ailleurs l'indiflerence ! ici la trahison !

Il montre Wimpfen.

Tu vois ce général; crois-tu qu'il nous seconde? Il défend les Bourbons et non pas la gironde. Ainsi notre drapeau devient le rendez-vous Des vieux partis vaincus qui se servent de nous. Si bien qu'environné de périls, je redoute Pour nous une victoire autant qu'une déroute.

— Et voilà mon chagrin! Je vois, et j'en gémis. Combien la République a peu de vrais amis.

Et que des deux côtés on prétend la défendre,

1. Le géiiéi'al Wimpfen et les ofHciers, à gauche. — Les girondins au fond vers la gauche. — Les bourgeois au fond, vers la droite. — BarbarouN, Buzot et Charlotte, plus près de l'avant-scène.

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