LA PETITE FILLE
Je me nomme Louise.
CHARLOTTE
Où donc est votre mère?
LA PETITE FILLE, montrant une jeune femme assise au fond du théâtre.
Elle est là-bas assise.
L'enfant joue avec les graviers.
CHARLOTTE
Que la voix des enfants, que l'aspect de leurs jeux Rendent vite le calme à nos cœurs orageux ! C'est comme un pur matin dont la fraîche rosée Descendrait lentement sur ma tète apaisée.
Elle se lève et fait quelques pas.
— Comme le ciel est bleu ! — Derrière ces maisons Comme on doit découvrir de vastes horizons ! Yoici l'heure où, frappant le pied de la muraille, Le soleil occupait le banc où je travaille.
— Ah! ma cour solitaire! — Ah! mes vallons normands, Pleins de lumière, d'ombre et de mugissements!
Vents du couchant, perdus dans ces rares ombrages, M'apportez-vous l'odeur de nos verts pâturages?
Elle regarde l'enfant , qui la tire par sa robe.
J'aurais pu cependant être entourée aussi
De jolis anges blonds pareils à celui-ci.
Il faut que je renonce à tout ce qu'on envie ;