SCÈNE DEUXIÈME
HORACE, se relevant.
Très-laide. On dit qu'elle se farde.
LYDIE
Klle a d'affreuses dents.
HORACE
Klle louche, je croi.
LYDIE
Tu n'aimeras jamais d'autre femme que moi?
HORACE
Jamais.
LYDIE
Répète-le; redis-le-moi sans cesse.
HORACE
Quand mon cœur brûlera pour une autre maîtresse. On verra le Bouvier, connu des matelots , Abandonner le pôle et plonger dans les flots.
LYDIE
Le zéphyr soufllera du côté de la Thrace, Avant qu'un autre amant succède à mon Horace.
HORACE
Mettez-moi sur les bords glacés du Pont-Euxin , Ou sous le char brûlant du soleil trop voisin , Partout je t'aimerai, toi pour qui je respire, Lydie au doux parler, Lydie au doux sourire.
LYDIE
Oh ! les tendres discours !
HORACE
Oh ! les aveux charmants !
LYDIE , portant la main sur les tablettes d'Horace.
Laisse-moi sur la cire écrire nos serments. — Donne.
H72 HORACE KT LVDIR.
HORACE, retenant ses tablettes.
Mais... non.
LYDIE
Pourquoi ?
HORACE
La cire est barl)oni]iée.
LYDIE
Voyons.
HORACE
C'est une ébauche à peine débrouillt>e.
Ci'est égal, .le veux voir. — Pour qui ces vers?
H(>RACE
PoiH" I'»!.
P>ieu sur?
HORACE
Kli! [)onr quelle autre?
LYDIE
Alors , montre-les-ïMoi.
HORACE , à part.
Haut.
Non ; j'aime mieux te les lire moi-même. Mes vers balbutiés me font un mal extrèuie.
U lit. — Lydie l'écoute, appuyée sur son épaule.
Conipa^nons du printemps, les zéphyrs ont soufflé
Dans les voiles tendues; Le Tibre, qui se tait, ne roule plus enflé
Par les neiges fondues.