Complans, plant
LE PETIT TESTAMENT
Sans ce qu'en riens aye mesprins, Veult et ordonne que j'endure La mort, et que plus je ne dure.
Si n'y voy secours que fouir^.
Rompre veult la vive souldure, Sans mes piteux regrets ouïr !
Pour obvier à ses dangiers, Mon mieulx est, ce croy, de partir.
Adieu ! je m'en voys à Angiers, Puisqu'el ne me veult impartir Sa grâce, ne me départir^. Par elle meurs, les membres sains; Au fort, je meurs amant martir, Du nombre des amoureux saints !
Combien que le départ me soit Dur, si fault-il que je m'esloingne.
Comme mon pauvre sens conçoit :
Autre que moy est en queloingne^, Dont onc en forest de Bouloingne Ne fut plus altéré d'humeur*.
C'est pour mo}^ piteuse besoingne :
Dieu en veuille ouïr ma clameur !
t. Fnir.