‹ Œuvres complètesChapitre 11 sur 233 · MAROT · texte numérisé non relu

MAROT

AU ROI FRANÇOIS l^''

Si à Villon on trouve encor à dire, S'il n'est réduict ainsi qu'ay prétendu, A moy tout seul en soit le blasme (Sire) Qui plus y ay travaillé qu'entendu; Et s'il est mieux en son ordre estendu Que paravant, de sorte qu'on l'en prise. Le gré à vous en doyt estre rendu, Qui fustes seul cause de l'entreprise.

LE PETIT TESTAMENT

DE

FAIT l'an 1456

Mil quatre cens cinquante et six.

Je, François Villon, escoilier, Considérant, de sens rassis, Le frain aux dents, franc au collier Qu'on doit ses œuvres conseiller^ Comme Vegèce le racompte, Saige Romain, grand conseiller, Ou autrement on se mescompte.

En ce temps que j'ay dit devant.

Sur le Noël, morte saison, Lorsque les loups vivent de vent.

Et qu'on se tient en sa maison.

Pour le frimas, près du tison :

Cy me vint vouloir de briser

X Aviseï à ses afiaires.

La très amoureuse prison

Qui souloit mon cueur desbriser.

Je le feis en telle façon, Voyant Celle devant mes yeulx Consentant à ma deffaçon. Sans ce que jà luy en fust uiieuLx ; Dont je me deul et plains aux cieulx.

En requérant d'elle vengence A tous les dieux venerieux^ Et du grief d'amours allégence.

Et, se je pense à ma faveur, Ces doulx regrets et beaulx semblans De très decepvante saveur Me trespercent jusques aux flancs :

Bien ilz ont vers moy les piez blancs* Et me faillent au grand besoing.

Planter me fault autre complans' Et frapper en un autre coing.

Le regard de Celle m'a prins.

Qui m'a esté félonne et dure;

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