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BALLADE III

Spelicans, Qui, en tous temps.

Avancez dedans le pogois.

Gourde piarde,

Et sur la tarde, Desbousez les pauvres nyois, Et pour soustenir vostre pois, Les duppes sont privez de caire,

Sans faire haire,

Ne hault braire, Mais plantez sont comme joncz, Pour les sires qui sont si longs.

Souvent aux arques,

A leurs marques, Se laissent tous desbouser Par ruer,

Et enterver Pour leur contre que lors faisons.

La fée aux Arques vous respond.

Et rue deux coups, ou bien troys.

Aux gallois.

Deux, ou troys Mineront trestout aux frontz, Pour les sires qui sont si longs.

Et pour ce, benards,

Coquillars, Rebecquez-vous de la montjoye

Qui desvoye

Votre proye, Et vous fera de tout brouer; Par joncher

Et enterver.

Qui est aux pigeons bien cher :

Pour rifïler

Et placquer Les angels de mal tous rondz.

Pour les sires qui sont si longs.

ENVOI

De paour des hurmes Et des grumes.

Rassurez-vous en droguerie Et faerie, Et ne soyez sur les joncz.

Pour les sires qui sont si longs.

BALLADE IV

Saupicquetz frouans des gours arques.

Pour desbouser, beau sire dieux, Allez ailleurs planter vos marques !

Benards, vous estes rouges gueux.

Berard s'en va chez les joncheux Et babigne qu'il a plongis.

Mes frères, soiez embrayeux Et gardez des coffres massis.

Se gruppez estes des agrappes De ces angels si graveliffes.

Incontinent, manteaulx et cappes, Pour Lamboureux feront éclipses; De vos sarges serez besifles.

Tout debout et non pas assis.

Pour ce, vous gardez d'estre grifïes Dedans ces gros coffres massis.

Nyais, qui seront attrapez, Bientost s'en brouent aux Halles, Plus ne vault que tost ne happez La baudrouse de quatre talles.

Des tires fait la hairenalle.

Quand le gosser est assiegis.

Et si hurcque la pirenalle.

Au saillir des cofEres massis.

ENVOI

Prince des gayeulx, à leurs marques.

Que vos contrées ne soient greffis.

Pour doubte de frouer aux arques.

Gardez-vous des coffres massis.

BALLADE V

Joncheurs, jonchans en joncherie, Rebignez bien où joncherez; Qu'Ostac n'embroue vostre arrerie.

Où accoliez sont vos aisnez.

Poussez de la quille et brouez, Car tost seriez roupieux.

Eschet qu'acollez ne soyez.

Par la poe du marieux.

Bendez-vous contre la faerie, Quanques vous aurez desbousez Mettant à juc la riâerie

Des angelz et leurs assosez.

Berard, se povez, renversez :

Se greffir laissez vos carieux, La dure bientost n'en verrez.

Pour la poe du marieux.

Entervez à la floterie, Chantez-leur croix, sans point songer, Qu'en artes ne voj^ez en suerie Blanchir vos cuirs et essurger.

Bignez la mathe, sans targer; Que vos ans ne soyent ruppieux!

Plantez ailleurs contre assiéger.

Pour la poe du marieux.

ENVOI

Prince, benards en Esterie, Querez coupans pour Lamboureux, Et autour de vos ys tuerie.

Pour la poe du marieux.

BALLADE VI

Contres de la gaudisserie, Entervez tous] ours blanc pour bis.

Et frappez, en la hurterie.

Sur les beaulx sires bas assis.

Ruez de feuilles cinq ou six.

Et vous gardez bien de la roe,

ŒUVRES DE FRANÇOIS VILLON iSo

Qui aux sires plante du gris, En leur faisant faire la moe.

La giffle gardez de rurie, Que vos corps n'en ayent du pis.

Et que point, à la turterie, En la hurme soyez assis.

Prenez du blanc, laissez du bis, Ruez par les fondes la poe, Car le bizac, à voir advis, Faict aux benards faire la moe.

Plantez doncq de la mouargie, Puis ça, puis là, tout pour l'artis.

Et n'espargnez point la flogie Des doulx dieux sur les patis.

Vos emps soyent assez hardis.

Pour leur avancer la droe :

Mais soyez bien memorandis.

Qu'on vous face faire la moe.

Prince, cil qui n'a baudcrie Pour se esche ver de la soe, Danger du grup, en arderic, Faict aux sires faire la moe.

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