‹ Œuvres complètesChapitre 193 sur 233 · XXIX. — BALLADE JOYEUSE DES TAVERNIERS · texte numérisé non relu

XXIX. — BALLADE JOYEUSE DES TAVERNIERS

D'ung gect de dart, d'une lance asserée, D'ung grant faussart, d'une grosse massue. D'une guisarme, d'une flèche ferrée, D'ung bracquemart, d'une hache esmolue, D'ung grand penart et d'une bisagiie, D'ung fort espieu et d'une saqueboute; De maulx briguans puissent trouver tel route Que tous leurs corps fussent mis par monceaulx. Le cueur fendu, desciré par morceaulx, Le col couppé d'ung bon branc acherin.

Et voisent drus aux Stygiens caveaux Les taverniers qui brouillent nostre vin.

D'img arc turcquois, d'une espée affilée Ayent les paillars la brouaille fendue^ De feu gregoys la perrucque bruslée, Et par tcmpeste la cervelle espandue, Au grand gibet leur charongne pendue Et briefvement puissent mourir de goutte.

I. Cette ballade est imprimée dans toutes les éditions de la Chasse et le départ d'Amours, d'Octavien de Saint-Gelais, publié pour la première fois en 1509. On remarquera toutefois que dans ce poème d'Octavien de Saint-Gelais, un certain nombre de pièces ne paraissent être que des citations emprimtées par l'évéque d'Angoulème aux poètes antérieurs et contemporains. On ne peut donc contester absolument à Villon cette pièce qui ressemble beaucoup à la ballade des Langues venimeuses du Grand Testament (Voyez cette ballade à la suite de l'octave C.X.XXI.)

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