DE MALLEPAYE* ET DE BAILLEVENT
M. Hée, Monsieur de Baillevent ! B. Quoy De neuf? M. On nous tient en aboy.
Comme despourveuz, malureux.
B. Si i'avoye autant que je doy, Sang bieu ! je seroye chez le Roy, Un page après moy ! M. Voire deux !
B. Nous sommes francs... M. Adventureux, B. Riches. M. Bien aises. B. Plantureux... M. Voire, de souhaits. B. C'est assez.
M. Gentilz hommes. B. Hardis. M. Et preux. B. Par rhu3's. M. Du joly Souffreteux Héritiers. B. De gaigcs cassez.
M. Nous sommes, puis troys ans passez, Si minces. B. Si mal compassez.
I. Ce dialogue a été imprimé pour la première (ois dans l'édition des r<jé>ics de Villon, publiée chez Galiot du Pré, en 1532, avant celle que Clément Marot donna la incmc année.
a. Mauvais payeur, mauvaise paye.
3. Bailli^ur de vent, qui donne des paroles au liru d'argent. Les deux mots ont par conséquent le même sens.
M. Si simples. B. Legiers comme vent.
M. Si esbaudiz. B. Si mal pansez, De donner pour Dieu dispensez, Car nous jeusnons assez souvent.
M. Hée, monsieur de Baillevent !
Qui peult trouver, soubz quelque amante Deux ou troys mille escus, quel proye ! B. Nous ferions bruyt. M. Toutallement.
B. Le quartier en vault l'arpent, Pardieu ! Monsieur de ilallepaye !
M. J'escripz contre ces murs. B. Je raye, Puis de charbon et puis de craye. M. Je raille. B. Je fays chère à tous. M. Nous avons beau coucher en raye^.
L'oreille au vent, la gueulle baye.
On ne faict point prochas de nous^
B. Helas ! serons nous jam^ais soulx?
M. Il ne fault que deux ou trois coups Pour nous remonter. B. Doux. M. Droictz.
B. Druz.
M. Pour fringuer. B. Pour porter le houx. M. Gens... B. A dire : D'ond venez-vous? M. Francs. B. Fins. M. Froidz. B. Forts.
M. Grans. B. Gros, M. Escreuz*.
1. Peut-être atmant, au moyen de quelque aimant; d'autres entendent : amendement. Prompsault traduit : tas de pierres.
2. Coucher en raye, c'est, dit M. P. Lacroix, se mettre en évidence, s'étaler comme les perdrix dans la raie d'un sillon.