ET DE SES COMPAGNONS
Vous qui cerchez les repeues franches, Et, tant jours ouvriers que dimcnches, N'avez pas planté de monnoye, Afïïn que chascun de vous oye Comment on les peut recouvrer, Vueillez vous au sermon trouver Qui est escript dedans ce livre.
Mettez tous peine de le lire, Entre vous, jeunes perrucatz.
Procureurs, nouveaulx advocatz, Aprenans aux despens d'aultruy.
Venez-y tost, sans nul estrif, Clercz, de praticque diligcns.
Qui congnoissez si bien vos gens; Sergens à pied et à cheval.
Venez-y d'amont et d'aval,
I Ce recueil fut imprimé plusieurs fois dans le xy* siècle et la première moitié du xvi«. Il n'est pas de Villon; ma.s le poète y joue un tel rôle qu'on ne peut se dispenser de lo jomdre à ses œuvres, ce qu'on fait, du rctc, depuis plus de trois cents ans II est ecnt presque ?out entier en strophes de huit vers. Il y a vers la «" ^f q^";^ ^l^^" phes que je n'ai pu compléter, bien que j'aie consulte plusieurs éditions anciem.cs. y compris celle de Jean Trepperel. que ,e croîs la prriuièie. (P. Jannet.)
Les hoirs du deffunct PatheJin, Qui sçavez jargon jobelin; Capitains du Pont-à-Billon ; Tous les subjetz Françoys Villon, Soyez, à ce coup, resveillez.
Pas ne devez estre oubliez, Tous gallans à pourpointz sans manches, Qui ont besoing de repeues franches, Et tous ceulx, tant yver qu'esté.
Qui en ont grant nécessité.
Venez vous apprendre comment Les maistres anciennement Sçavoyent tous les tours de ce faire : Messire Chascun Poicdenairei, Qui de Uvres sçait les usaiges, Lt veult lire tous les passaiges. De celluy en prins appetis; Venez-y donc, grans et petis, Car, de la science sçavoir, Vous ne povez que mieulx valoir.
Venez, chevaucheurs d'escu>Tie, Serviteurs de grant seigneurie.
Venez-y sans dilation.
Tous gens sotz et toutes gens sottes; Venez-y, bigotz et bigottes; Venez-y, povres Turlupins Et Cordehers et Jacopins; Venez aussi, toutes prestresses, Qui sçavez piecà les adresses Des presbitaires hault et bas; Gardez que vous n'y faillez pas !
de'deSer!'^^'^*"°'' "^^ '""^ "^"^ ^"^ """^ ^^ ^°"'^ '^«ère ou peu
ŒUVRES DE FRANÇOIS VILLON 2^4 j
Venez, gorriers et gorrières,
Qui faictes si bien les manières
Que c'est une chose terrible, i
Pour bien faire tout le possible; T
Toutes manières de farseurs,
Anciens et jeunes mocqueurs;
Venez-y tous, vrays macquereaulx
De tous estatz, vieulx et nouveaulx;
Venez-y toutes, macquerelles.
Qui, par vos subtUles querelles,
Avez tousjours en vos maisons
Pour avoir, en toutes saisons,
Tant jours ouvriers que dimenchcs,
Souvent les bonnes repeues franches.
Venez-y tous, bons pardonneurs,
Qui sçavez faire les honneurs,
Aux villages, de bons pastez,
Avecques ces gras curatez.
Qui ayment bien vostre venue
Pour avoir la franche repeue;
Afïîn que chascun d'eulx enhorte
Les paroissiens, qu'on apporte
Des biens aux pardons de ce lieu.
Et qu'on face du bien pour Dieu.
Tant que le pardonneur s'en aille,
Le curé ne despendra maille.
Et aura maistre Jehan Laurens
Fermement payé les dcspens
Et quarte de vin, simplement,
Au curé, à son partement.
De tout estât, soit bas ou hault, j
Venez-y, qu'il n'y ait deffault;
Venez-y, varletz, chambcrières,
Qui sçavez si bien les manières.
En disant mainte bonne bave, D'avoir du meilleur de la cave.
Et puis joyeusement preschez.
Après que vos gens sont couchez.
Ceulx qui cerchent banquets ou testes Pour dire quelques chansonnettes, Afiin d'atrapper la repeue.
Que chascun de vous se remue D'y venir bien legièrement; Et vous pourrez ouyr comment Ung grant tas de bonnes commères Sçavent bien trouver les manières De faire leurs marys coqus.
Venez-y, et n'attendez plus, Entre vous, prebstres sans séjour, Qui dictes deux messes par jour A Sainct-Innocent, ou ailleurs; Venez-y, pour sçavoir plusieurs Des passaiges et des adresses De maintes petites finesses Que l'en faict bien facillement.
Qui advient, par faulte d'argent.
En maint lieu la franche repeue.
Qui ne doit à nul estre teue.
Par tel si, qui veue ne l'aura Paiera, et celuy qui fera De ceste repeue le présent, De l'escot s'en yra exempt, Moyennant qu'il monstre ce livre :
Par ce moyen sera délivre; En lieu où n'aura esté veu Il sera franchement repeu.
Ainsi qu'on orra plus à plain.
Qui de l'entendre prendra soing.