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BALLADE DES ESCOUTANS

Qui en a est le bien venu; Qui n'en a point, l'on n'en tient compte; Cil qui en a est bien congneu.

Cil qui n'en a point vit à honte.

Qui paye l'on exauce et monte Jusque au tiers ciel, pour en prester : Son honneur tout aultre surmonte.

Par force de bien acquester.

Quant entendismes les estatz De telz dissimulations,

Congnoissant les hauts et les bas.

Par toutes abréviations, Nous mismcs, sans sommations, Aux champs, par bois et par taillis Pour congnoistre les fictions, Qui se font souvent à Paris.

Pource que chacun maintenoit Que c'estoit la ville du monde Qui plus de peuple soustenoit.

Et où maintz estranges abonde.

Pour la grant science parfonde Renommée en icelle ville, Je partis, et veulx qu'on me tonde.

S'a l'entrée avois croix ne pille.

Il estoit temps de se coucher.

Et ne sçavoye où héberger; D'ung logis me vins approcher, Sçavoir s'on m'y vouldroit loger, En disant : « Avez à menger? »

L'hoste me respondit : « Si ay », Lors luy priay, pour abréger :

« Apportez-le donc devant moy ».

Je fus servy passablement, Selon mon estât et ma sorte, Et pensant, à part moy, comment Je cheviroye avec l'hoste.

Je m'avisay que, soubz ma cotte, Avois une espée qui bien trenche :

Je la lairray, qu'on ne me l'oste, En gaige de la repeue franche.

L'espée estoit toute d'acier.

Il ne s'en failloit que le fer; Mais l'hoste la me 6st machier, Fourreau et tout, sans fricasser; Puis, après, me convint penser De repaistre, se faim avoye; T^ien n'y eust valu le tencer :

De leans partis sans monnoye.

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