Je ne me frappe
3. Pourvu que je lui eusse abandonné ce dont maintenant les truands ne veulent plus, même pour rien.
« A maint homme l'ay reffusé, Qui n'estoit à moy grand saigesse.
Pour l'amour d'ung garson rusé, Auquel j'en feiz grande largesse.
A qui que je feisse finesse^, Par m'ame, je l'amoye bien !
Or ne me faisoit que rudesse, Et ne m'amoyt que pour le mien.
« Jà ne me sceut tant detrayner, Fouller au piedz, que ne l'aymasse, Et m'eust-il faict les rains trayner^, S'il m'eust dit que je le baisasse Et que tous mes maux oubliasse; Le glouton, de mal entaché, M'embrassoit... J'en suis bien plus grasse I Que m'en reste-il? Honte et péché.
« Or il est mort, passé trente ans, Et je remains vieille et chenue.
Quand je pense, lasse ! au bon temps.
Quelle fus, quelle devenue; Quand me regarde toute nue, Et je me voy si très-changée.
Pauvre, seiche, maigre, menue, Je suis presque toute enragée.
« Qu'est devenu ce front poly.
Ces cheveulx blonds, sourcilz voultyz^
T. Quelques finesses, quelques tromperies que j'aie faites am autres, celui-là, sur mon âme, je l'aimais bien.