LE PORTRAIT DE MON PÈRE
Il est là, dans son cadre, an viei'x mur suspendu, Le front large et pensif, l'air calme, mais austère, Le regard plein do feu, dans l'espace perdu ; Toujours je l'ai vu In, ce portrait de mon père.
Quand l'ombre de la nuit descend sur le manoir, Que tout devient obscu i an salon solitaire. Un rayon toujours brille et paraît se mouvoir : C'est l'œil étincelant du portrait de mon père.
De la toile parfois semble se détacher
Et descendre vers moi cette ombre qui m'est chère.
Elle vient à ma droite en silence marcher
Et m'indique du doigt le portrait de mon père.
Quand reviennent les jours d'orage intérieur, Où l'âme est sans vertu, le courage éphémère, Pour raffermir mes pas au sentier de Thonneur, Je n'ai qu'à regarder le portrait de mon père !
Si jamais au torrent me laissant emporter, A ses nobles leçons je venais à forfaire, Rougissant de moi-même, oserais-je affrontr-r Le foudroj'ant regard du portrait de mon père?