LE COUREUR DES BOIS 19-T
Il n'est pas un souffle, un murmure, Pas un frémissement des bois-, Pas un seul bruit de la nature-, Que ne puisse imiter ma voix.
Que sont le? brillantes parures Dont s'enorgueillissent les rois A côté des riches fourrures Qui parent le Coureur des Bois?
J'ai pour sceptre ma carabinf>, Le dôme des cieux pour palais, Pour tapis j'ai la mousse fine, Pour trône, les monts des forêts.
Là-bas, au fond de la prairie, Les buffles paissent par troupeau ; Pour mon vêtement, pour ma vie Je n'ai qu'à choisir les plus beaux.
Quand la neige des bois s'amnsso, Qu'on enfonce jusqu'au genou, Je prends mes raquettes, je chasse L'orignal et le caribou.
Lorsque l'ombre du soir arrive.
Je me fais un lit de sapin.
Couché près de la flamme vive, Je rêve et dors jusqu'au matin,
Au bruit des vents et des cascades Qui beuglent comme des taureaux ; Au grognement des ours nomades Qui vont boire dans les ruisseaux. »
Si je vois monter la boucane D'un camp sauvag:e à l'horizon, Je vais m'asseoir dans lenr cabane Et partager leur venaison.
Au fond des bois, ou sur la plage, Quand mon cadavre dormira.
Celui qui prend soin du sauvage Sur mes os blanchis veillera.
Peut-être le missionnaire
Qui prêche au pauvre indien la croix.
En passant dira sa prière
Pour l'Ame du Coureur des Bois,
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