ORDONNANCE DE MGR HARLAY
(Voir page 25.)
François, par permission divine, Archevêque de Rouen, Primat de Normandie, à la supérieure et aux, religieuses du monastère des Hospitalières de l'Hôtel- Dieu de Dieppe ; salut.
La vie religieuse jointe avec la profession religieuse que vous faites particulièrement, mes chères et bien aimées filles en Jésus-Christ, sont les deux chefs généraux dont naissent les obligations égales que vous avez de vaquer aux exercices qui peuvent perfectionner l'un et l'autre institut et de joindre Marthe et Marie ; le soin de l'action, avec la douceur de la contemplation ; le secours du prochain, avec votre propre avancement. Si, parmi l'assistance que vous rendez aux pauvres malades, vous laissez glisser votre esprit et négligez ce qui est des voies intérieures, vous n'aurez plus rien de religieux que le nom, et, pensant
travailler pour la charité, vou«i en pervertissez l'ordre, vous serez cruelles à vous-mêiues, pour penser à recourir autrui, tombant en des infirmités spirituelles plus dangereuses que ne sont les corporelles que vous soignez. Si, au contraire, enivrées de la douceur de la retraite, vous craignez de sortir au dehors, feignant, avec l'épouse du cantique, ne vouloir salir vos pieds que vous avez lavés, ni revêtir la robe que vous aurc:: dépouillée, et que cependant le pauvre souffre et ne soit pas assisté, vous manquerez aux devoirs de votre profession, et la plainte du misérable qui sera délaissé, sei'a reçue de Dieu contre vous. Il faut à ces causes faire provision de ce double esprit d'Elisée, les cultiver tous deux, et n'en négliger aucun. Pour ce, outre l'aide commun que vous avez avec tous ceux et celles de votre ordre, de la règle dressée par votre père saint Augustin, vous nous auriez, par ci-devant, représenté avoir besoin de constitutions particulières pour vous acheminer plus facilement à cette double fin. Donc, ayant donné commission à cet effet à plusieurs personnes bien pratiquées et expérimentées en ce genre de conduite, elles auraient compilé et mis en ordre les statuts et constitutions ci-après, dès il y a deux ans ou environ, depuis lequel temps, nous vous en aurions permis faire l'essai et vivre en l'observance d'icelles jusques à maintenant, sans qu'il s'y soit trouvé aucune difficulté; au contraire, vous les auriez jugées très saintes, utiles et bien conformes à votre dit ordre et institut, nous demandant humble-
ment, par requête signée de vos seings manuels, qu'elles fussent confirmées par notre autorité. A ces causes, après avoir derechef mûrement considéré et examiné les dites constitutions et statuts, nous les avons approuvées comme saintes et louables; voulons qu'en votre monastère ellep soient observées de point en point sans que l'on permette aucune infraction y être faite. Et pour cet effet ordonnons que la lecture en sera faite en votre chapitre une fois chaque mois ; et que copies d'icelles seront données à chacune des religieuses pour les savoir et garder.
Fait à Rouen, en notre palais archiépiscopal, le Uiercredi, troisième jour de janvier, l'an de notre salut mil six cent vingt-neuf.
(Signé)
t F., Archevêque de Rouen.
Par manileinont de Monseigneur l'Illustrissime et Révérendis- •il me,
(Signé)
J. Prévost.
A.nMES VtL L OKDRE DES RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES DB LA MISÉRICORDE DE JÉSUS.
PARTI d'argent (c'est-à-dire que l'écu est à fond d'argent ou blanc et divisé en deux parties), à un olivier chargé de ses feuilles et de ses fruits, et à une main sortant d'un nuage, tenant un cœur enflammé. L'ccu timbré (c'est-à-dire surmonté) d'une couronne orméc de branches d'olivier à huit fleurons de feuilles et d^ fruits du même arbre.
Cimier, le ?aint nom de Jésus. Supports, deux branches d'olivier enlacées aux contours de la sculpture sur laquelle repose l'écu.
Devise, Qui coron at te in misericordia.
La signification emblématique de cet écusson est pleine d'enseignements, surtout pour les membres du saint Ordre qu'il désigne. Chacune des pièces qui le composent ou l'accompagnent, parle au cœur et à l'âme, et peut servir de sujet à quelque pieuse contemplation.
D'abord le champ de l'écu est d'argent, dont la blancheur éclatante et immaculée est le symbole de la virginité, de la candeur et de l'innocence, qui sont les plus beaux joyaux et la couronne la plus précieuse des vierges consacrées au Seigneur. L'arbre d'olivier, chargé de ses feuilles et de ses fruits, annonce la paix, l'union, la concorde qui régnent dans le cloître, où chacune des religieuses est comme cet olivier planté dans la maison de Dieu et chargé de fruits, dont parle la sainte Ecriture, quasi oliva fructifera in domo Dei (P.^aume LI, 8). Occupées jour et nuit à verser l'huile et le baume dans le.s plaies des membres sacrés de Jésus-C'hrist, leur vie se consume dans l'exercice de la miséricorde et de la charité.
L'olivier esi aussi la figure de l'arbre de vie planté par Dieu dans le paraiiis terrestre, dont la vie du cloître a ramené les délices sur la terre.
La racine de ce bel arbre est la règle du glorieux saint Augustin ; son tronc, les constitutions ; sc-i bran-
ches, les règlements, le rituel, le cérémonial, les directoires ou les trois parties des règlement? de la journée religieuse ; ses feuilles, ses fleurs et ses fruits, la pratique intérieure et extérieure de tout ce qui est pre;^crit, enseigné et ordonné, qui se termine à la miséricorde. La vigueur et la sève de cet arbre sacré sont la charité et la grâce. Le Ptre éternel est pour ce même arbre une source d'eau vive ; le Fils, un fleuve; et le Saint-Esprit, l'arrosemerit. Le Père en détourne les orages ; le Fils est le soleil qui le regarde favorablement ; et le Saint-Esprit, le zéphir gracieux qui le meut, l'agite et fait exhaler les douces haleines et les odeurs suaves qui donnent de la joie au ciel, qui embaument l'Eglise, qui confortent les âmes des fidèles, étonnent et attirent les hérétiques et sont le soulagement des affligés et des misérables.
La main qui sort d'un nuage et qui tient un cœur enflammé, désigne saint Augustin, le glorieux Père et le Patriarche de l'Ordre qui porte son i om, et dont celui de la Miséricorde de Jésus est une branche. Cette main qui paraît sortir du ciel à travers les nuages, rappelle aux Religieuses de cet Ordre l'amour divin dont le cœur de ce grand saint a été embrasé pour Dieu et le prochain. Il semble le présenter à chacune de ses filles spirituelles en lui disant de l'ap^ procher de son cœur pour qu'il soit consumé du même amour.
Tous les autres emblèmes qui entourent l'écusson et l'embellissent, complètent la [tensée et les senti-
inents exprimés dans l'écu; les deux branches d'olivier enlacées de chaque côté des armoiries se réunissant à leur pointe et servant de support, ainsi que la couronne tressée de branches, de feuilles et de fruits d'olivier, l'arbre pacifique, indiquent que la charité et l'amour fraternel sont l'appui, le lien et le couronnement de toutes les vertus monastiques ; tandis que le nom sacré de Jésus, qui surmonte l'écusson et domine le tout, proclame que c'est le divin Jésus qui est venu apporter sur la terre le feu qui consume les âmes, et que c'est de lui que découlent toutes les vertus, comme une huile répandue qui embaume tous les cœurs fidèles : oleum effasum nomen tuum.
Enfin, la devise, qui goronat te in misericordia, fait tressaillir d'espérance, en laissant entrevoir la couronne éternelle dont le Dieu d'infinie miséricorde ceindra le front de tous ceux qui auront exercé la miséricorde et n'auront vécu que pour elle. Beati miséricordes, 'quoniam ipsi miser icordiam consequentur (Math., V, 7). " Heureux les miséricordieux parce qu'ils obtiendront eux-mêmes miséricorde."
SUPÉRIEURS DES RELIGIEUSES DE l'hÔTEL-DIEU.
R. P. Barthélemi Vimont, S. J., 1039.
R. P. Jérôme Lalemant, S. J.. 1645.
R. P. Paul Ragueneau, S. J., 1650.
R. P. François le Mercier, S. J., 1653.
R. P. Jean de Quen, S. J., 1656.
M. Charles de Lauzon de Charny, V. G., 1664..
M. Jean du Douyt, Prêtre du Séminaire, 1671.
M. Henri de Bernières, V. G., 1676.
M. Louis Ango des Maizerets, Prêtre du Séminaire 1683, 1704 et 1711.
M. André de Merlac, Prêtre, 1691.
M. Joseph de La Colombière, V. G. 1694 et 1717
M. Charles Glandelet, V. G., 1710.
M.. Louis-Bertrand de La Tour, 173(1
M, Sylvestre-Michel Ransonet, Protonotaire Apostolique, 1735.
M. Charles de Toimancour, V. G., 1740.
M. Joseph-François Perreault, V. G., 1764.
M. Jean-François Hubert, Prêtre du Séminaire, 1775.
Mgr Pierre Denaut, 1796.
Mgr Joseph-Octave Plessis, 1806.
M. Jérôme Deniers, V. G., 1826.
Mgr Pierre-Flavien Turgeon, 1848.
Mgr Charles-François Baillargeon. 1852.
Mgr Elzéar- Alexandre Taschercau, 1870,
CONFESSEURS DES RETJGIEITgES DE I/HOTEL-DIEU.
R. P. Vimont, S. J., 1639. 1648.
R. P. Claude Ménard, S. J., 1640.
M. Antoine Fauls, Prêtre, 1641.
M. Jean Lepueur de Saint-Sauveur, Prêtre, 1644.
R. P. Pierre Chastellain, S. J., 1651.
R. P. Jacques Frémin, S. J., 1680.
R. P. François Vaillant, S. J., 1691.
R. P. Antoine Silvy, S. J., 1692.
M. Louis Ango des Mnizerets, 1702.
-M. Pierre Pociuet, Prêtre du Séminaire, 1706 et 1709.
M. Joseph de La Colombière, 1707-1714.
M. Thomas Thiboult, Prêtre du Séminaire, 1711.
R. P. Jacques d'Heu, S. J.. 1717.
R. P. J. Bte du Parc, S. J., 1718.
R. P. Michel Guignas, S. J., 1723.
M. Dominique- Antoine Thaumur de La Source, 1729.
M. Jean-Pierre de Miniac, V. G., 1733.
M. Charles Plante. Prêtre, 1736.
M. Jean-Olivier Briand, Chanoine. 1742.
R. P. Louis-Charles Canot, S. J., 1750.
R. P. Gabriel Marcol, S. J., 1752.
R. P. Armand de La Richardie, S. J., 1756.
M. Chs-Régis des Bergères de Rigauville, Chanoine,
R. P. Joseph Casot, S. J., 1783.
M. Antoine Robert, Prêtre du Séminaire, 1796.
CHAPELAINS DE l/lIÔTEL-DIEU.
M. Jean Lesuenr ne .^aint-Sauvcur, 1689, 1644. 11. P. Claude Ménard, S. J.. 1640.
M. Albert de Lile, 1650.
M. Jean le Bey, 1656.
M. François Buisson, Chanoine, 1684.
M. Claude Trouvé, 1685.
M. Etienne Valet, Chanoine, 1696.
M. Goulvin Calvarin, Prêtre du Séminaire, 1717.
M. Anatole Royer, Prêtre du Séminaire, 1719.
M. Claude Poney, Prêtre du Séminaire, 1731.
M. Mathurin Jacreau, Prêtre du Séminaire, 1761
M. Urbain Boiret, Prêtre du Séminaire, 1764.
M. Jean-François Hubert, Prêtre du Séminaire, 1768.
M. Antoine Bédard, Prêtre du Séminaire, 1790.
M. Félix Gatien, Prêtre du Séminaire, 1806.
M. Louis- Joseph Desjardins, confesseur et premier
chapelain résidant, 1807.
M. F-.X. Germain Rivard-Loranger, confesseur et cha
pelain résidant, 1836.
M. Michel Lemieux, confesseur et chapelain résidant,
M. Thomas-Eugène Beaulieu, confesseur et chapelain
résidant, 1874.