LA NUIT DE LA TOUSSAINT
Tu crains ton vieil époux, Marie, Q.uand le vent souffle au corridor ; De nos amours, je le parie, Ce vent est complice, et l'endort.
Aimons toujours; sans l'éveiller, Marie, La cloche tinte et le pénitent crie...
Une voix dans la rue.
Réveillez-vous, gens qui dormez ; Priez Dieu pour les trépassés.
L'amant part enfin, mais il tombe Sous un poignard jaloux, hélas 1 Et, sans rêver poignard ni tombe, L'amante a fermé ses yeux las.
Réveille-toi : sous ton balcon, Marie, Heurtant un mort, le vieux pénitent crie :
« Réveillez-vous, gens qui dormez ; Priez Dieu pour les trépassés 1 »