LA PRINCESSE
Je le sais, l'Hymen et l'Amour Traitent les rois comme la foule.
Et l'on dit qu'à la Sainte Ampoule, D'âge en âge et de cour en cour, Le diable a joué plus d'un tour; Mais si, dans les devoirs suprêmes, Mon peuple usurpait mon emploi, Du moins il pairait les baptêmes :
Ah I quel bonheur si j'étais Roi !
D'un tel espoir je m'enivrais; Mais quel réveil et quel vacarme 1 Le galop brutal d'un gendarme Tout à coup m'éclabousse auprès De l'idole que j'adorais.
Dans le tourbillon de ses gardes, Elle fuit vers le Louvre, et moi Je gagne en boitant les mansardes...
Ah 1 quel bonheur si j'étais Roi 1
C77^ SOUVE'K.IX ^ L'HOTITjil
Dur ce grabat, chaud de mon agonie, A la Pitié je donne encor des pleurs ; Car un parfum de gloire et de génie Est répandu dans ce lieu de douleurs :
C'est là qu'il vint, pleurant ses espérances, Chanter encor, puis prier et mourir :
Et je répète en comptant mes souffrances :
Pauvre Gilbert, que tu devais souâFrirI
UN SOUVENIR A l'hOPITAL 3)
Ils me disaient : « £n£ant, suis ton étoile, Nous serons là pour frayer ton chemin. »
Us le disaient, et mon astre se voile, Et la Pitié seule me tend la main I Tremblez, méchants 1 mon dernier vers s'allume, Et, si je meurs, il vit pour vous flétrir...
Hélas 1 mes doigts laissent tomber la plume : Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir !
Si seulement une voix consolante Me répondait quand j'ai longtemps gémi I Si je pouvais sentir ma main tremblante Se réchauffer dans la main d'un ami I Mais que d'amis, sourds à ma voix plaintive, Â leurs banquets ce soir vont accourir, Sans remarquer l'absence d'un convive 1...
Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir!
J'ai bien maudit le jour qui m'a vu naître ; Mais la nature est brillante d'attraits.
Mais chaque soir le vent à ma fenêtre Vient secouer un parfum de forêts.
Marcher à deux sur les fleurs et la mousse.
Au fond des bois rêver, s'asseoir, courir, Ohl quel bonheur 1 ohl que la vie est douce 1.. Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir I
IIÉTO'N.SE
^ VKE l'H.VIT^TIO'H.
^UR l'adresse de cette lettre Qîielle erreur fit tomber mon nom ?
Est-ce bien moi qu'on daigne admettre Aux plaisirs brillants d'un salon?
Où la mode commande en reine, Hélas! on m'acueillerait mal.
Je suis moins heureux que Sedaine...
Non, non, je n'irai pas au bal.