LES 5 ET 6 JUIN
O ma patrie I ô Liberté I
Qpel réveil, quand sur nos frontières
La République aurait jeté
Ce ^isceau de vertus guerrières 1
Us sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en hct des bourreaux Ayons le courage des larmes.
Sous le dôme du Panthéon, Vous qui rêviez au Capitole, Enfants ! que Tappel du canon Fit bondir des bancs d'une école, Au toit qui reçut vos adieux Qpe les douleurs seront amères.
Lorsque d'un triomphe odieux Le bruit éveillera vos mères 1
Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en face des bourreaux Ayons le courage des larmes.
On insulte à ce qui n'est plus.
Et moi seul j'ose vous défendre :
Ah 1 si nous les avions vaincus.
Ceux qui crachent sur votre cendre,
lOO LE MYOSOTIS
Les lâches, ils viendraient, absous Par leur débite expiatoire, Sur votre cercueil, à genoux, Demander grâce à la victoire.
Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en face des bourreaux Ayons le courage des larmes.
Martyrs, à vos hymnes mourants Je prêtais une oreille avide ; Vous périssiez, et dans vos rangs La place d*un frère était vide :
Mais nous ne formions qu'un concert, Et nous chantions tous la patrie.
Moi sur la couche de Gilbert, Vous sur l'échaÊiud de Borie.
Ils sont tous morts, morts en héros, Et le désespoir est sans armes ; Du moins, en £ice des bourreaux Ayons le courage des larmes.
VIVE Loi 'BEAUTÉ!
L^és Taurore, quand, pour boire, Adam-Billaut se levait, Un baiser rend la mémoire  ma Suzon qui rêvait; Dans ses bras, heureux esclave, Je dis au vieux chansonnier :
K Tu peux descendre à la cave, Moi, je suis bien au grenier. »
I02 ' LE M'Y OS an S
Vous dont le cœur bat au ventre, Chantez Bacchus et Cornus; Pour moi, s*il feiut opter entre Les divinités en us.
Dieux gourmands, je vous néglige, Et, suivant un rit plus beau, C'est à Vénus Callypige Qjie je dis : Introtbo,
L'Alcoran, que je révère, Traite le vin de poison :
Le vin noie au fond d*un verre L'amour comme la raison.
L'infortuné, qu'il enivre. Chancelle en parlant d'amour; Fi donc ! l'amant qui sait vivre Ne doit tomber qu'à son tour.
Tout votre or devient potable, Et bien souvent, au dessert.
Gourmands, vous quittez là table Comme on quitte un tapis vert.
Prodiguez : je suis avare.
Et le soir, quand je m'endors, Pour que rien ne m'en sépare.
J'ai la main sur mes trésors.