‹ OEuvres complètesChapitre 41 sur 111 · A MÉDOR · texte numérisé non relu

A MÉDOR

Aux chiens lépreux, oui, le malheur m'égale : Battu des vents, par la foule outragé.

Si je caresse, on a peur de la gale ; Si j'égratigne, on m'appelle enragé.

Pour qu'au bonheur je puisse enfin renaître, Dieu sait pourtant qu'un peu d'or suffirait ; Bien peu..., celui de ton collier peut-être : Chien parvenu, donne-moi ton secret.

J'eus comme toi mes longs jours de paresse, Un lit moelleux et de friands morceaux; J'ai frissonné sous plus d'une caresse, D'abois moqueurs j'ai talonné les sots.

Puis, dans la foule où l'on pousse, où l'on beugle, J'ai vu s'enfuir Plutus qui s'égarait :

Pour devenir le chien de cet aveugle, Chien parvenu, donne-moi ton secret.

Aux dominos sais-tu comment l'on triche?

Nouveau Paris arbitre de beauté,

As-tu donné la pomme à la plus riche.

Fait le gentil, fait le mort, ou sauté?

Ton sort est beau ; moi, chien d'humeur bizarre,

Pour égayer le Riche à son banquet,

Je ne sais rien..., rien que flatter Lazare :

Chien parvenu, donne-moi ton secret.

Tombé, dit-on, dans un pays de fées Dont ta laideur mit le peuple en émoi, On essuya tes pattes réchauffées.

De blanches mains te bercèrent; mais moil...

Chien trop crotté pour que la beauté m'aime, Si j'entrais là, le pied me balaîrait.

Hué de tous et mordu par toi-même :

Chien parvenu, donne-moi ton secret.

L^ SŒU% 'DU T^SSE

Dans l'ombre de mon coeur mes plus fraîches amours, Mes amours de seize ans refleuriront toujours.

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