‹ OEuvres complètesChapitre 47 sur 111 · L*ISOLEMENT I · texte numérisé non relu

L*ISOLEMENT I

Les cœurs vivants restaient pétrifiés pour moi 1

Oh I voiU le tourment auquel rien n'habitue, Qjii dévore les nuits et les jours, et qui tue. Ce supplice inouï, quand je vous le nommais, Vous ne compreniez pas : ne comprenez jamais, Madame!... Au grand désert de votre capitale. L'homme seul, voyez-vous, c'est l'antique Tantale ; C'est le serpent coupé, vivace et bondissant, Dont chaque tronçon veuf poursuit son frère absent; C'est l'homme enseveli tout vivant dans la tombe, Qui se réveille au bruit de la terre qui tombe. Et, hurlant des appels que le ver entend seul. Se débat convulsif dans les plis du linceul.

Mais au bonheur, après cette agonie amère.

Vous m'avez fait renaître, et vous êtes ma mère. Pour me guérir enfin du coup qui m'étourdit.

Il ne fallait qu'un mot : ce mot, vous l'avez dit. Et tout à coup voyez comme le charme opère :

« Courage 1 » et je suis fort : « Espérance I » et j'espère ; Et d'un sommeil fiévreux je me réveille sain. Honteux de ne pouvoir payer le médecin.

Oh I patience 1 un jour j'acquitterai ma dette, pignore quel sera mon destin de poète :

Dois-je, tendant ma coupe à l'Amour échanson, De l'écume qui tombe arroser la chanson; Phalène qui tournoie à l'éclair d'une épée, Irai-je dans le sang picorer l'épopée,

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