AUX AMIS DE M. M
Q.UI MB CONSEILLAIENT DB LUI BBNDRB VISITE VOUE LE CONSOLEE d'uN GRAND MALHEUR
v^hI non, je n'irai pas, sous son toit solitaire. Troubler ce juste en pleurs par le bruit de mes pas; Car il est, voyez-vous, de grands deuils sur la terre Devant qui l'amitié doit prier et se taire :
Oh I non, je n'irai pas I
LA FAUVETTE DU CALVAIRE l6l
Lorsque de ses douleurs le blond fils de Marie, Mourant, réjouissait Sion et Samarie,
Hérode, Pilate et l'Enfer, Son agonie émut d'une pitié profonde Les anges dans le ciel, les femmes en ce monde
Et les petits oiseaux dans l'air.
Et, sur le Golgotha noir de peuple infidèle,
Quand le» vautours, à grand bruit d'aile, Flairant la mort, volaient en rond,
Sortant d'un bois en fleur au pied de la colline. Une fauvette pèlerine
Pour consoler Jésus se posa sur son front.
Oubliant pour la Croix son doux nid sur la branche. Elle chantait, pleurait et piétinait en vain. Et de son bec pieux mordait l'épine blanche.
Vermeille, hélas I du sang divin ;
Et l'ironique diadème Pesait plus douloureux au front du moribond.
Et Jésus, souriant d'un sourire suprême,
Dit à la fauvette : « A quoi bon ?...
« Â quoi bon te rougir aux blessures divines ? Aux clous du saint gibet à quoi bon t'écorcher ? Il est, petit oiseau, des maux et des épines Qjie du front et du cœur on ne peut arracher.
« La tempête qui m'environne Jette au vent ta plume et ta voix.
Et ton stérile effort au poids de ma couronne. Sans même Tefieuiller, ajoute un nouveau poids. »
La fauvette comprit, et, déployant son aile, Au perchoir épineux déchirée à moitié, Dans son nid, que berçait la branche maternelle, Courut ensevelir ses chants et sa pitié.
Ohl non, je n'irai pas, sous son toit solitaire, Troubler ce juste en pleurs par le bruit de mes pas ; Car il est, voyez-vous, de grands deuils sur la terre Devant qui l'amitié doit prier et se taire.
Ohl non, je n'irai pas.
^ VhL ^AUTEU%
HE%Vii^TH%0'DITE
FÉE ou démon, magicienne ou sorcier, Je te maudis de grand cœur et pour cause :
Depuis hier je suis ton créancier.
Qjiand j'implorais un sourire de Rose, La pauvre enÊint sanglotait sur ta prose ; Elle y perdit lin bon quart d'heure, et moi, Mille baisers, baisers de bon aloi,
Baisers sonnants... Âdonc, Muse immortelle,
En l'acquittant, Êiis acte de vertu;
Mille baisers sont une bagatelle;
Tu me les dois : quand donc me pairas-tu ?