‹ OEuvres complètesChapitre 64 sur 111 · II · texte numérisé non relu

II

l86 LE MYOSOTIS

Aux appas qu'en vers j*adore

Allons dire en prose adieu.

Pauvre globe, etc. j

Puis à mon hôte Grégoire

Répétons, le verre en main :

« N'ayez souci du mémoire, {

J'attends mon père demain. »

Car qui m'a fait? je l'ignore;

Mon Credo dit que c'est Dieu. ,

Pauvre globe, etc. j

Je fredonnais de la sorte.

Dormant, rêvant à demi.

Quand tout à coup à ma porte Retentit un pas ami.

Avril en fleur vient d'édore.

Mes vitres ont un ciel bleu:

Pauvre globe, tourne encore.

Tourne, tourne encore un peu.

9k:il huit CEnr ttie'mte-six

« Tu ne tueras point! »

(Décalogve.)

L^'iEU l'ordonne, et je vous en prie, Moi qui vais chantant sur vos pas, Même pour sauver la patrie, O mes frères, ne tuez pasi Qpand cette arme qui fume encore A tonné, mon vers tricolore Recula soudain, blanc d'effroi; Ma pitié devint du délire.

Et, reniant ses dieux, ma lyre A murmuré : « Vive le roi I »

l88 LE MYOSOTIS

Qjiand un jury tue» à la face Si nous lui jetons le remord ; Si du code rouge on efface Par degrés la phrase de mort; A Thémis, tant de fois trompée, Si l'on veut arracher Tépée Où pendent des gouttes de sang; Ce n'est pas pour que, dans la rue, Le fer justicier tombe et tue.

Ramassé par vous en passant.

Dans le palais, aux jours d'alarme, Regardez : ne voyez-vous rien.

Rien, que le sabre du gendarme Ou du marchand prétorien?

Oh 1 quoi qu'ait prêché dans ce livre, Dont le parfum de sang enivre, Saint- Just, l'apôtre montagnard, En&nts, la morale éternelle Au seuil des rois Êiit sentinelle Pour en écarter le poignard.

Forgeron, laisse sur l'enclume Le fer vengeur inachevé :

L'arme du siècle, c'est la plume, Levier qu' Archimède a rêvé !

Écrivons : quand, pour la patrie, La plume de fer veille et crie

Page 1