‹ OEuvres complètesChapitre 82 sur 111 · SUR LA MORT D UNE. COUSINE DE SEPT ANS · texte numérisé non relu

SUR LA MORT D UNE. COUSINE DE SEPT ANS

Je t' aurais fait» enfant, Texistence bien douce; Sous chacun de tes pas j'aurais mis de la mousse; Tes ris auraient sonné chacun de tes instants; Et j'aurais £iit tenir dans ta petite vie Un trésor de bonheur immense... à &ire envie Aux heureux de cent ans 1

Loin des bancs où pâlit l'enÊince prisonnière, Nous aurions fait tous deux Técole buissonniëre Dans les bois pleins de chants, de parfums et d'amour ; J'aurais vidé leurs nids pour emplir ta corbeille, Et je t'aurais donné plus de fleurs qu'une abeille N'en peut voir dans un jour.

Puis quand le vieux Janvier, les épaules drapées D'un long manteau de neige, et suivi de poupées. De magots, de pantins, minuit sonnant, accourt. Au milieu des cadeaux qui pleuvent pour étrenne, Je t'aurais fait asseoir comme une jeune reine Au milieu de sa cour.

Mais je ne savais pas... et je prêchais encore; Sûi" de ton avenir, je le pressais d'éclore, Quand tout à coup, pleurant un long espoir déçu, De tes petites mains je vis tomber le livre; Tu cessas à la fois de m'entendre et de vivre... Hélas! si j'avais sul

Page 1