UN QUART^ D*HEURE DE DÉVOÏIDK
Qui prodigue la vie à ce limon grossier,
Le feu, manqua dans l'air; la nature vivante
Tressaillit tout à coup de froid et d'épouvante.
Les oiseaux, qu'un vent noir chassait en tourbillons,
Désertaient e^rés les bois et les vallons.
Plus cruels de terreur, dans l'atmosphère humide.
Les vautours se battaient. Le rossignol timide
Dit sa chanson de mort, et, lorsqu'elle finit,
Se cacha résigné, la tête dans son nid.
Fatigué' d'un long .vol, l'oiseau porte-tonnerre-
Replia sa grande aile et dormit dans son aire.
Seul pour sauver le monde agonisant déjà,
Le petit roitelet voltigea, voltigea
Jusqu'au sommet des cieux; mais, couvert d'étincelles,
A l'élément conquis il se brûla les ailes.
Et, dans les bois chantant pour le bénir en chœur,
Le Prométhée obscur tomba mort et vainqueur. —
Qjie je succombe ou non à l'œuvre expiatoire, A celui qui m'inspire, à Dieu louange et ghire l Quand la brise du soir en passant à travers' L'orgue du marécage, aux mille tuyaux verts, En pousse vers le ciel une plainte touchante, Voyageur, ne dis pas : « Gloire au roseau qui chante t » Mais, le foulant aux pieds, dis : « Gloire au Dieu vivant Qjii féconde la boue et qui commande au vent I »
LE CHjitVr 'DES ^TIGES
ROMANCE
A fêter la Vierge suprême.
Là-haut, chaque ange est invité ; Et mon ange gardien lui-même Dès Taurore, hélas I m'a quitté.
Bel ange, à la Reine céleste Porte ton bouquet, moi, je reste; La reine de mon cœur est là, Et, pour célébrer ses louanges.
J'emprunte le refrain des anges :
— Ave, Maria, ave, Maria.