‹ OEuvres complètesChapitre 93 sur 111 · A M. LEBRUN · texte numérisé non relu

A M. LEBRUN

[^brunl toujours ce nom fut aimé de la Gloire; Ia Peinture Tenvie aux Filles de Mémoire»

Et dans leur temple un jour nous le verrons encor Pour la seconde fois écrit en lettres d'or.

Dui, sublime Ëcouchard, lorsque ta tête illustre Se courbe sous le poids de son quinzième lustre, C'est en vain que le temps refroidit ton ardeur ; Sans trembler pour les arts dont tu fais la splendeur, Tu peux, avec Rousseau, t'asseoir dans l'Elysée : Son luth nous reste encore, et la France abusée. Croyant te reconnaître à ses nobles refrains, Ne s'apercevra pas qu'il a changé de mains.

n se ranime encore à la voix des trompettes; Le siècle des héros est celui des poètes :

Q>i'un grand homme paraisse, et pour orner son front Autour de lui bientôt les palmes fleuriront.

Victoire I Liberté I ces mots pleins d'harmonie. Dès l'enfince, ô Lebrun, bercèrent ton génie. Prenant soudain l'essor comme l'aigle français, n marqua tous ses pas par de nouveaux succès. Et suivit tour à tour dans sa course rapide Les traces de Pindare et celles d'Euripide.

Si tu peins les malheurs et les crimes des rois, Q}iel spectacle terrible et touchant à la fois Enchante les esprits de la foule attentive 1 Qpand, loin de son cachot, une reine captive Vient un moment sourire à la clarté du jour.

Lorsque par des accents de douleur et d'amour

Elle fait ses adieux, et, mourant jeune encore, Parmi ses meurtriers voit l'ingrat qu'elle adore, On voudrait applaudir, mais le bruit des bravos Est sans cesse étouffé par celui des sanglots. Si des temps plus voisins rappellent ta pensée, A flatter le malheur si ta muse empressée Console dans Texil Napoléon mourant, La Gloire qui le pleure, à ta voix accourant, Partage sur vos fronts sa couronne immortelle. Qpand on la chante ainsi, n'est-on pas digne d'elle? Prêtre des demi-Dieux, sur leur berceau sacré Tu t'enivras de l'air qu'ils avaient respiré. Dans la Grèce encor belle, au sein de l'esclavage, Qjiand tu poursuis le cours d'un long pèlerinage, Chacun de ses débris réclame ton encens.

Le pâtre montagnard, au bruit de tes accents. Frappé d'un saint respect, s'incline vers la terre Et croit se prosterner devant l'ombre d'Homère. Ne laisse pas languir ton luth mélodieux.

Entouré d'une foule et d'un bruit odieux, A Paris vainement tu poursuis tes pensées, Qjii d'objets en objets s'égarent dispersées. Ah I reviens parmi nous. Aux lares paternels Reviens des doctes sœurs confier les autels.

L'automne fugitive à ton aspect s'arrête Et les derniers beaux jours vont briller sur ta tête. Lebrun, prends tes pinceaux, prépare tes couleurs. C'est ici qu'au milieu des gazons et des fleurs La muse bucolique avec plaisir se joue.

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