LES DEUX LA FAYETTE
LE VILLAGEOIS
Non, non 1 II sourit à nos fêtes, Sans envier d'autres honneurs; Et, s'il fit jamais des conquêtes, C'est parmi nous, c'est dans les cœurs.
LE SOLDAT
Ce n'est donc pas l'homme célèbre Qui, jeune encor, vit autrefois Son nom, comme un tocsin funèbre, Gronder sur la tête des rois?
LE VILLAGEOIS
Qji'à votre héros Dieu pardonne 1 Le nôtre est ami de la paix.
Peut-il faire trembler personne?
Il n'est armé que de bienfaits.
LE SOLDAT
A la lueur de la mitraille Quand son épée, auprès de moi. Brillait sur le champ de bataille, Combien il inspirait d'effroi 1
LE VILLAGEOIS
Qjae l'autre inspire de tendresse Lorsque, sur ses genoux tremblants.
L'enfance implore une caresse Et joue avec ses cheveux blancs I
LE SOLDAT
Le feu, pour embraser la France, S*échappe-t-il de l'encensoir.
On le nomme, et dans sa souffrance Le peuple encor sourit d'espoir.
LE VILLAGEOIS
Si les plaintes de la disette Troublent la paix de ces beaux lieux.
Le villageois chez La Fayette Entre en pleurant et sort joyeux.
LE SOLDAT
Nos soldats, que l'ivresse excite, Choisissent toujours ce beau nom, En chantant la Gloire proscrite, Pour le refrain de la chanson.