LETTRE XXII
Je reçois dans ce moment, mon aimable petit-fils d'Apollon, une lettre de monsieur votre père, et une de vous. Le père ne veut que me guérir, mais le fils veut faire mes plaisirs. Je suis pour le fils. Que je languisse, que je souffre , j'y consens, pourvu que vos vers soient beaux. Cultivez votre génie, mon cher enfant; je vous y exhorte hardiment, parce que je sais que jamais vos goûts ne vous feront oublier vos devoirs, et que chez vous l'homme, le poète et le philosophe seront également estimables. Je, vous aime trop pour vous tromper.
M acte animo , generose puer j sic itur ad astra. En allant ad astra , n'oubliez pas Cirey. Grâce au génie de madame du Châlelet, Cirey est sur la route. Elle vous fait ses complimens; et moi je vous assure, sans compliment et sans formule, de l'amitié la plus tendre et de la plus sincère estime. Ces sentimens si vrais ne souffrent point de très-humble et très....
Ce 10 août.