‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 39 sur 76 · LETTRE XXIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXIII

Qui eût cru que la v dût venger la philosophie ? il

en est cependant quelque chose. Avant hier quelques médecins tinrent conseil pour savoir si on rognerait le monsieur, ou si on ne le rognerait pas; et je ne sais quel a été le résultat du conseil,

Vous me demandez pourquoi on a rejoué la pièce (i) : ma foi je n'en sais rien , et dans cette affaire tout est inconcevable.

Nous sommes las de si, de mais , de quand, de qu'estce, de pourquoi j et voilà que nous avons fait des que.

Que Paul Le Franc de Pompignan Ait fait en pleine académie Un discours très- impertinent , Et qu'elle en soit tout endormie ; Qu'il ait bu jusques à la lie Le calice un peu dégoûtant De vingt brochures qu'on publie , ' Et dont je suis assez content ; Que , pour comble de châtiment , Quand le public le mortifie , Un Fréron le béatifie , Ce qui redouble son tourment ; Qu'ailleurs un noir petit pédant Insulte à la philosophie, Et qu'il serve de truchement A Chaumeix qui se crucifie ; Que l'orgueil et l'hypocrisie Contre les gens de jugement Etalent une frénésie Que l'on siffle unanimement ; Que parmi nous à tout moment Cinquante espèces de folie Se succèdent rapidement , Et qu'aucune ne soit jolie ; Qu'un jésuite avec courtoisie S'intrigue partout sourdement , Et reproche un peu d'hérésie Aux gens tenant le parlement ; Qu'un janséniste ouvertement Fronde la cour avec furie :

j'en conclus très-pertinemment Qu'il faut que le sage s'en rie.

Le 7 juin 176a.

(1) La comédie des Philosophes.

DE VOLTAIRE À HELVETIUS.

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