Oeuvres complètes
Le nom d'Helvétius brille au premier rang des écrivain-, célèbres du dix-huitième siècle. Les nombreuses éditions de ses ouvrages répondent victorieusement aux censures qui en ont été faites. La persécution que suscita à l'auteur, avec itti acharnement sans exemple , une classe d'hommes intéressé.' ;» empêcher la lumière de percer, n'a fait qu'augmenter le nombre de ses lecteurs , et le temps a mis le sceau au triomphe du sage de Voré.
Les jansénistes se déchaînèrent les premiers contre cet horrible et absurde ouvrage (le livre de l'Esprit). Les jésuites mêmes furent compris dans l'anathème qu'ils lancèrent contre cette œuvre d'impiété. Ce sont les jésuites , disait le Gazetier ecclésiastique , qui ont ouvert la route aux partisans de l'irréligion Dans ces horreurs, les jésuites et les partisans
de l'irréligion se trouvent réunis Si la doctrine des jésuites n était pas née , l'irréligion de la religion naturelle, ne serait pas née , et le livre de l'Esprit n'aurait jamais vu le jour.
Bientôt jansénistes et jésuites , vojant le feu qui dévorait la maison de leur père , se réunirent pour l'éteindre. Mais Helvétius , en butte à la plus odieuse persécution , trouva sa consolation dans l'estime et l'admiration de tous les souverains de l'Europe , et plus encore dans celle des Fontenelle , des Voltaire, des Montesquieu. - aO^*?;>V
Aujourd'hui que les foudres ecclésiastiques sont réduites à leur juste valeur, et ne brûlent plus ni livre ni auteur -} aujourd'hui que les déclamations peu charitables, et contraires au moins à l'esprit de tolérance du siècle, ne font que donner plus de force à l'opinion ; aujourd'hui que , dégagé de tout vain préjugé , on accueille avec enthousiasme les ouvrages de nos grands philosophes , nous nous empressons de mettre près des OEuvres de Voltaire celles d'Helvétius. Son esprit philosophique et son mérite littéraire lui assignent peut-être la première place après le grand homme qu'il eut le bonheur d'avoir pour maître , et qui se faisait gloire d'avoir un tel disciple.