‹ Œuvres complètesChapitre 10 sur 106 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

5o DE LESPRIT.

vante et d'horreur pour ces insectes imperceptibles qui viventdansl'épaisseurde la pampe des herbes? « Fuyons, » disent- ils, cet animal vorace et cruel, ce monstre, » dont la gueule engloutit à la fois et nous et nos » cités. Que ne prend-il exemple sur le lion et Je tigre? » ces animaux bienfaisans ne détruisent point nos habi- » tations,* ils ne se repaissent point de notre sang; » justes vengeurs du crime , ils punissent sur le mouton » les cruautés que le mouton exerce sur nous. » C'est ainsi que des intérêts difiérens métamorphosent les objets : le lion est à nos yeux un animal cruel ; à ceux de l'insecte, c'est le mouton. Aussi peut -on appliquer à l'univers moral ce que Leibnitz disait de l'univers physique : que ce monde, toujours en mouvement, offrait à chaque instant un phénomène nouveau et différent à chacun de ses habita ns.

Ce principe est si conforme à l'expérience, que, sans entrer dans un plus long examen, je me crois en droit de conclure que l'intérêt personnel est l'unique et universel appréciateur du mérite des actions des hommes ; et qu'ainsi la probité, par rapport à un particulier , n'est, conformément à ma définition, que l'habitude des actions personnellement utiles à ce particulier.

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