‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 113 sur 436 · LK TRIOMPHE DE LA CUOI\. — PART. II · texte numérisé non relu

LK TRIOMPHE DE LA CUOI\. — PART. II

elle n'a pu 6lre guiîrie suLiitemenl, comme elle l'avait élé, que par un miracle de la toule-puis-am e de Dieu , et que cette guérisun dans leur connaissance surjiasse tous les etTorIs de nntur(\ Les ju;^es de la cour temporelle de Saint-Pierre d'Avignon pour noire saint-iiùre le I'a()<.s ont souscrit audit jiroiès-verbnl, les médecins, cliirurgiens, témoins, prôlres avec ledit seigneur.

La manche de l'uie des robes de la mère a guéri rairaculeuseuient une religieuse fort malade du môme monastère. Des serviettes qui lui avaient servi ont eu le môme elFet, comme aussi ses bandeaux, et d'autres linges qui avaient été à son usage.

Une religieuse du monastère de NanC}" ayant été tentée extraortiinairement au suiet de sa vocation, et s'étant laissée aller à la tentation, demanda à sortira son supérieur avec une volonté si déterminée, qu'elle u'écoutail aucune raison l.'i-dessus. Ce que sou supérieur voyant, lui ordonna d'aller au loinbeau de la mère et d'avoir recours îi elle; ce qu'ayant fait presqu'à force, disant que cela ne servirait de rien, et qu'elle était résolue de sortir, elle fut suqirise de sentir une odeur admirable qui sortait du tombeau, et à ntème tem[is elle fut remplie d'une joie tout extraordinaire, et d'une force nonpareille qui dissipa toute sa tentation ; ce qui lui donna lieu de faire profession avec une édification merveilleuse de tous les a.isistants. Toute la famille de cette religieuse a reçu en i)lusicurs occasions des secours miraculeux jiar les intercessions de cette sainte mère, ce qui l'a rendue très-dévote à sa mémoire.

Une religieuse du môme monastère après sept ans de profession, étant tentée estraordinairement sur sa vocation, s'en trouva délivrée à son tombeau. La sœur Marie de la Conception religieuse, dans le môme couvent, a assuré que, dès son j"une âge, elle a été guérie de plusieurs incommodités |)ar ses prières, et qui l'eussent empêchée d'être religieuse, si elles eussent continué. Comme elle était fort abattue dans le temps de son noviciat, il lui sembla la voir en songe, qui lui mettait les mains sur la tête, et lui disait : courage, vousai-je pas toujours ilibrjue vous seriez religieuse ; toujours e>t-il vrai qu'elle s'en trouva fortiliée, et qu'eu plusieurs maladies tliirérenles elle en a été secourue exlraordinaireiiient. Une sœur encore de la même communauté, nommée Marie-Tliéièse, et dans le monde, Maiguerite Mainbourg, a été délivrée d'une maladie Irès-fâcheuse par ses mérites.

Une sœur du monastèie de Notre-Dame du Refuge d'Avignon, ayant oui une voix (]ui lui dit : Demantlez-moi quelque chose au nom de Marie-Elisabeth, c'est ma bienaimée, piia ensuite Notre-Seigneur de redonner la santé à une autre de ses sœurs qui était proihe de la mort, et sa santé lui fut rendue. KUe entendit la même voix qui lui dit après la guérison, que cette religieuse fîfdes prièies tous les jours durant une année en actions de grâces. L'on a-oblcnuplu-

sieurs guérisons miraculeuses faisant une neuvaine de disci[)lines pour remercier la divine bonté de ses dons envers la sainte mère. Une religieuse du même lieu, nommée .Marie-Madeleine, étant réduite à l'extrémité par des maux très-douloureux, entendit une voix qui lui disait doucement do se reconmiander à la mère ; ce (ju'ayant fait, elle se trouva aussitôt soulagée, et ne ressentit plus aucune douleur. Une autre sœur de la même maison, nommée Marie-Doiuiniiiue, du saint Sacrement, étant sujelte à cracher le sang par une iluxion dont elle était très-incommodée, ayant eu recours à sa digne fondatrice, lui promettant qu'elle se surmonterait en de certaines choses jjoiir qui elle avait répugnance, le sang s'arrêta à même tem()s, mais n'ayant pas exécuté sa jiromesse, son mal recommença avec plus de violence que jamais ; ce qui l'ayant fait rentrer en elle-même et reconnaître sa faute, et de jilus, ayant |)romis de réciter un Te Deuin pour remercier Dieu de ses grâces, depuis ce temps-là elle se trouva parfaitement guérie. Une sœur converse du même monastère, nommée Jeanne, ayant reçu un secours miraculeux jiar la sainte mère, voulut le jour de l'anniversaire de sa jirécieuse mort, se mettre eu retraite pour l'en remercier. Mais comme elle était retirée, elle entendit une voix céleste qui l'appela quatre fois à diverses reprises par son nom; et après on lui dit : « Vous savez le secours que vous avez reçu par moi, je veux bien vous obtenir d'autres grâces, qui est la délivrance de vos attaches, (iardez mieux vos règles que vous ne faites, je vous aiderai, ne le ferez-vous pas? » Elle la vit la nuit ensuite dans unebeauté admirable proche de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère : et ces vues furent- si etTicaces, et elle en fut si touchée, qu'elle demanda à faire tout de nouveau les exercices du noviciat , et de s'y met-tro avec les autres novices : ce qui lui fut accordé. Il y avait dans le môme monastère, une jeune fille âgée d'environ douze à treize ans, qui était hydro|)ique, sans pouvoir être soulagée jiar aiicun remède, qui aj'ant fait une neuvaine devant letableau de la mère, fut entièrement délivrée de son mal; ce qui a été attesté miraculeux par les médecins.

Une religieuse de la même communauté a eu la grâce de voir trois fois la mère depuis son bienl>eureux décès. La première fois elle lui parut au milieu de sa chambre si brillante de célestes clartés, que, quoiqu'il fût nuit, sa chambre était éclairée comme en plein jour. Elle était pour lors en queli^ues troubles, elle l'en reprit et lui dit qu'elle se tînt en paix, et que son inquiétude déplaisait à Dieu; ce qui est bien à remarquer aux personnes qui ne sont jamais en repos. La seconde fois elle lui parut dans le chœur où celle religieuse y étant allée après noue pour y adorer le très-saint sacrement, elle s'y trouva jusqu'à vêpres l)ensant n'y avoir pas été que quelques momeiils. La mère la délivra pour lors de deui

graUlies lenlatious qui la iiietiakMit sur le bord du lirél'ipice. La troisième, elle lui \)nrutcuuiine exliorlant une relii;ieu>e qui serait h ragt)iiie ; ce qu'avant dit ;i la uiùre .Marie- Pauk', sa tiùs-digne fille, elle crut que c'était elle que celte religieuse niarquait, et elle eu témoigna une grande joie, demandant seulement à Dieu qu'il lui duiinàt le pur an)our auparavant que de mourir, comme il l'avait promis à sa chère mère. Or dans ce temps que la mère Marie-Elisabelh se faisait vo r comme exhortant une religieuse , qui était sa fille, à la mort, qui était une prophéiie de ce qui devait arriver, plusieurs religieuses décédées paraissaient avec elle dans des beautés admirables et si ravissantes, que celle ijui les voyait disait que quand il n'y auiait pas d'autres plaisirs dans !e ciel que de les voir, ce seraient des délices ineffables. Mais comme la mère dit quelque chose à cette religieuse qu'elle n'entendit nos, en demandant la raison à l'une de celles qui (laraissaient avec elle, on lui dit que c'étaient ses défauts qui en étaient cause. Ce qui montre bien que les plus légères Jmjicrfections servent d'obstacles aus comjnunications célestes; ainsi il ne se faut pas étonner si la plupart des [lersonnes de la terre conversent si peu avec celles du ciel. La différence des pensées et la diversité des atfections ne le permettent [ras. Pour pouvoir dire avec l'Apôtre : Notre conversation est dans les cieux , il ne faut plus tenir h la terre. Pour aller à Dieu seul il faut être épris de tout. La bonne religieuse, dans la vision susdite, remarqua encore que lésâmes bienheureuses sem'blaient dire les litanies des saints que l'Eglise récite [lour les agonisants: témoignage de la [lart quelles prenne:it au bien éleiuel des personnes qui sont dans les misères de la vie [irésente, et ties secours que l'on en reçoit au temps de la mort.

Plusieurs personnes ont senti des odeurs miraculeuses au tombeau de la mère , qui souvent causent la joie dans l'âme, et donnent de la force aux personnes affligées, et les animent à la vertu. Mais l'on a remarqué que cette grâce est accoidée jilus ordinaireiiient aux personnes qui ont des crois, comme àcel:esqui sont les j/lus chères à Notre- Seigneur , à sa bienheureuse Mère et à ses saints. Une fois une religieuse sentit ces odeurs divines qui remjilissaient tout le chœur; et à môme temps se vit pleine de sentiments pour Dieu qu'elle n'avait jamais eus; disposition (lui lui dura plus de huit jours, et de plus elle fut soulagée de plusieurs infirmilés corporelles. Lu jour que les novices s'étaient entretenues des merveilles de leur bienheureuse mère, entrant dans une chambre où il y en avait un tableau, elles sentirent une odeur céleste qui en sortait , (jui embaumait tout le lieu où elles étaient, et leur intérieur fut renifili d'une joie toute divine. L'on a»sure que 1 ou a entendu plusieurs fuis donner comme de grands coups de marteau sur sou toml'eau,et que l'expérience a lait voir que

c'était un présage des choses extraortiinaires qui devaient arriver. L'on voit à ce sacré tombeau un présent considérable d'une couronne d'argent qu'un grand évêque y a fait en reconnaissance tle ijuelque faveur reçue. Mais ses secours sont beaucoup efficaces contre les démons, la magie et les sortilèges. C'est une conduite que tient ordinairement l'aimable Providence de Dieu , elle se sert des saints qui ont été é|irouvés par de certaines tentations pour assister ceux qui en sont attaqués, lîlle se sert des bienheureux jiour aider à porter des croix pareilles à celles qu'ils ont souffertes ; ainsi c'est une ancienne dévotion des fidèles d'avoir recours dans leurs maux aux saints qui en ont eu de semblables. C'est donc bien avec sujet que plusieurs personnes se sont adressées à la mère Marie-Klisabeth pour en obtenir les assistances auprès de la divine Majesté contre les démons et leurs suppôts; car à peine lisons-nous dans l'histoire une personne qui ait eu une plus cruelle et plus longue guerre avec ces malheureux esprits, et qui ait été combattue avec plus de rage par les magiciens et sorciers. Aussi plusieurs personnes ont été délivrées de maléfices par ses prières, et une femme près Nancy de ceux qu'elle avait au corps et à l'esprit, par la seule application de l'un de ses bandeaux. Un religieux, grand théologien et auteur célèbre, assure avoir arrêté jiar ses prières l'opération du tlémon en un moment dans une personne obsédée i)ar sortilège en |)résence d'un grand nombre de personnes. C'est ainsi ([u'il plaît à Dieu faire triompher sa croix dans sa fidèle servante crucifiée.

ORAISON

A l'adorable JÉSUS DANS LE TOMBEAC.

Grand Dieu des éternilés, majesté infinie, je vous adore dans le tombeau caché sous des anéantissements que tous les hommes et tous les anges ne [lourront jauiais comprendre. Car où est l'esprit humain ou angélique qui puisse concevoir qu'un corps mort soit Dieu, le Verbe y demeurant toujours uni, n'ayant rien quitté de ce qu'il a pris de la nature humaine. O mains qui êtes sans mouvement, je vous adore, car vous éles les mains de celui [lar lequel le Père éternel, l'auteur de toutes choses, a même créé les siècles. O yeux divins qui êtes fermés et qui êtes sans lumière, je vous adore, car vous êtes les yeux de celui à qui rien n'est caché, et qui v-jit toutes choses. 0 pieds sacrés, je vous adore, car vous êtes les pieds de celui cjui soutient toutes choses par sa toute-puissance. O corps précieux, caché et enseveli dans le tombeau, je vous adore, car vous êtes le corjis du Fils du Père éternel, et qui êtes la siilendeur de sa gloire, et l'iniiiression de sa personne. Mais, mon adorable Sauveur, la grâce du baptême m'ayant enseveli avec vous pour mourir avec vous, ne iiermettez pas, ah! je vous le demande par tout l'amour de vutre cœur infiniment iiiiséncoriieux, je vous le demande pur tout l'ar

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