‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 173 sur 436 · A LA REINE DE TOUS LES SAINTS · texte numérisé non relu

A LA REINE DE TOUS LES SAINTS

Bienheureuse Vierge, c'est avec justice que l'Eglise vous appelle la Reine ae tous les saints, parce quêtant Mère de Dieu, en cette qualité toutes les créatures du ciel et de la terre deviennent vos sujets, tous les anges et les saints dépendent de vos grandeurs ineffables. Mois vous êtes encore la Reine des saints par l'éminence de votre admirable sainteté. Vous êtes cette montagne prédite par le prophète Isaïe (ii, 2), sur laquelle se devait bâtir dans les derniers tem[is la maison du Seigneur; montagne où le Seigneur a désiré habiter, et où il habitera éternellement; montagne fondée sur le haut des monts, et élevée au-dessus des collines; montagne qui a eu ses fondements sur les montagnes saintes; qui dès le premier moment de cette immaculée conception avez été élevée audessus des plus grands saints dans la consommation de leur course; qui, dès que vous avez commencé d'être, avez eu plus de perfection qu'ils n'en ont eu à la fin de leur vie : et c'est i>ourquoi le Seigneur a plus aimé vos portes, que tous les tabernacles de Jacob. {Psal. xxxvi, 2.)

Après cela, comme le prophète Isaïe a prophétisé, toutes les nations sont accourues en foule à vous, plusieurs peuiiles y sont venus en disant : Allons, motHons â la montagne du Seigneur, et à la 'liaison du Dieu de Jacob, il nous enseignera ses voies, et nous marche' rons dans se» sentiers. (Isa. n, 2, 3.)

Le glorieux saint Taurin est du nombre de ces peuples; i! est venu à vous, auguste Reine des saints et saintes, il va trouvé un Dieu fait homme, qui lui a donné la science du salut, dont il a instruit les nations qui se sont converties. Il a trouvé, ô sainte montagne, sur voire sommet, le froment qui est le pain, qui est la nourriture céleste de nos

759 OEUVRES COMI'LEtES DE BOUDON. "iO

âmes. 11 > a trouve le béni fniit de votre ventre, élevé plus que tous les ceilres du Liban. 0 bienheureuse cité de Dieu, que l'on dit de vous des choses vraiment glorieuses 1

C'est dans vous que les peuples d'Fvreux, alors étrangers de la foi, sont nés, ayant été régénérés en Jésus-Christ par le saint baptême : car un homme, et un homme est né dans vous, un Homme-Dieu, un homme Chrétien, à qui vous avez été donnée pour Mère par ret Homme-Dieu sur la croix, en la personne de l'aimable saint .lean l'évangéliste, qui représentait tous les fidèles.

Isaïe avait prédit (s.xvi, 1, 2), qu'alors on chanterait dans la terre de Juda, c'est-à-dire dans la sainte Eglise, Sion est voire ville forte. U vous jirédisait, glorieuse Vierge, dont il avait dit f]ue vous seriez appelée la cité du Seigneur, la Sion du ?aint d'Israël, la ville recherchée et chérie du Seigneur, dont le Sauveur serait lui-môme la muraille et le boulevard.

C'est le cantique que nous chantons devant votre trône, ô grande Reine, reconnaissant que votre Fils adorable a été par vous et en vous notre protection intérieure et extérieure dans tous nos besoins temporels et spirituels durant tout le cours de notre vie ; et nous vous disons avec le Psalmiste (Psal. v, 12), que tous ceux qui demeurent en vous, doivent être comme des personnes ravies de joie : ravies de joie pour la douce protection qu'elles y trouvent, ravies de joie pour les grâces qu'elles y reçoivent, jiour les bénédictions abondantes qui y sont données.

C'est ce que je dois reconnaître en mon particulier, et ce que je ne dois jamais cesser de publier, étant obligé déchanter vos miséricordes sur le plus indigne de vos serviteurs. Ce sont ces miséricordes que j'ai toujours expérimentées depuis le commenceicent de ma vie jusqu'à présent dans toutes sortes d'occasions, et dont je vous demande en confiance la continuation et l'augmentation dans tous les moments qui me restent, et à l'instant de ma mort, [)0ur la gloire de la suradorable Trinité. C'est pour cette gloire qu'ayant eu la grâce d'écrire ce petit traité de la Vie de l'un de vos plus saints serviteurs, je Vapporle à vos jiieds, aussi bien que tous les autres, vous demandant on toute humilité que vous obteniez de ce Dieu seul en trois jiersonnes, qu'il en soit vraiment et uniquement glorifié, qui est la seule chose que je dois, et que je veux seulement rechercher. Ainsi soit-il, ainsi soit-il, ainsi soit-il.

Page 1