‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 174 sur 436 · CHAPITRE PREMIER. saints, a étéprécédée de signes miraculeux · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. saints, a étéprécédée de signes miraculeux

Sa naissance el son enfance. ^^, "^f '"^ '^''\ "^'3^' ' ^0^' ""."^ fi'"' ^''* ' sabeth, dans les commandement-- et les or- Tout a été grand dans le glorieux saint donnances de Dieu, n'ayant jioint d'enfants. Taurin. Sa naissance selon la chair, étant lui en demandait avec beaucoup d'humilité sorti d'une famille illustre et de parents et de persévérance , et ce l'ut dans le temps nobles. Son père s'appelait Tarquin, qui de ses plus ferventes jirières que l'ange du vivait dans les ténèbres de l'infidélité, et sa Seigneur lui apparut tenant une verge d'or mère Euticie, qui était chrétienne, et dont dont il lui toucha le sein, d'où elle vit sorl'on a écrit qu'elle a eu la gloire d'être mar- tir aussitôt un lis qui répandait une odeur tyre de Jésus-Christ. Mais je ne m'arrête pas divine, et ensuite elle se trouva grosse de à une naissance qui est en horreur aux notre saint.

yeux de Dieu, et que les saints Job (m, 3) et Cette vision n'est pas sans mystère dans

Jérémie (xx, 14) ont maudite. Je ne le con- laquelle il est représenté sous la forme d'un

sidère pas selon ce qu'il est né du sang, ni lis. La divine Providence le destinant [lour

de la volonté de la chair, ni de la volonté de être un grand prètie, comme Simon, fils

l'homme; mais selon ce qu'il est né de d'Onias, que le Saint-Esprit, dans VEcclé-

Dieu. [Joan. i, 13.) Il n'y a que cette seule siastique (l, 8), compare à cette fleur. De

régénération de Jésus-Clirist qui soit véri- grands saints ont paru sous la même l'orme,

tablement grande, et c'est par cette seconde et entre autres saint Norbert, le fondateur

naissance que Taurin a été fait enfant de de l'ordre de Prénoontré, et le zélé défenseur

Dieu, et membre d'un Homme-Dieu, et qu'il de la pureté de ITmiiaculée Conception de

est entré dans la glorieuse alliance des trois l'admirable Mère de Dieu, dont lâmefut vue

personnes divines de la suradorable Tri- monter au ciel sous cette figure. Mais c'est

nité. C'est dans cette vue que je le regarde, ce qui lui donne une ressemblance très-

et qu'il est grand devant le Seigneur. s|)éciale à Notre-Seigneur, qui est appelé

Sa naissance, comme celle des jilus grands dans les cantiques le Us des vallées {Canl. u,

VIE DE SAINT TAUIIIN. - CIIAP. !•

1); el à sa très-sainlp Mère (|iii > est comparée au lis, et dont il y est dit que son clinsle .sein en est tout environni^ [Caitt. vu, "2) : et de |>lus c'est qu'il était destiné [lOur l'aitM; tU'Uiir les lis des vertus dans la terre déserte du (lays d'Kvreux, |iar les vires qui y régnaient oarmi les ténèhres du paganisme. Kt si l'ange le fait |iaraîtie comme un lis ([ui répand une odeur divine, c'est qu'il devait être, comme le grand Apôtre, la bonne odeur de Jésus-Clirist.

Après une laveur si singulière, il a hien pu dire, comme le prophète l.saie (xi.ix, 1) : Le Seigneur m'a appelé dès le sein de ma mère ; il s'y est souvenu de mon nom lorsque j'étais encore dans ses entrailles; c'est lui qui m'a lormé dès le ventre de ma mère pour être son serviteur, et qui m'a établi jiourêire la lumière des nations. 11 a pu dire, avec rA()ôtre, que Dieu l'avait clioisi dès le ventre de sa mère, et appelé par sa grâce, jiour faire connaître son Fils ctannoncer son Evangile aux nations. {Galat. i, 15. j

C'est [lour un si haut dessein que Dieu se l'est att-ribué auparavant môme qu'il fût conçu, par l'oQ'rande que la pieuse Euticie lui faisait de l'enfant qu'elle lui demandait par tant de prières, le vouant à son service, et le destinant à s'a gloire ; et ensuite il se l'est ap[)iiqué |)our le servir dans la sainteté et dans la justice, le tenant en sa présence tous les jours de sa vie.

Ayant reçu le saint baptême, il semblait que'^toutes les inclinations du vieil homme s'étaient converties en celles de Jésus- Christ. Tout ressentait la grâce dans cet enfant de prières et de bénédictions , et à le considérer attentivement on en i)0uvait dire comme de saint Jean-Baptiste, qui pensezvous que sera cet enfant? car la main de Dieu est avec lui. Le Saint-Esprit qui l'avait destiné à une haute sainteté, ne souU'rit pas que les jeux, et les vanités du monde }>fofanassent son cœur; non-seulement il le préserva des pompes du siècle, à qui tous les Chrétiens renoncent dans leur ba[itôme, et dont il y en a si peu qui observent les jjfomesses "qu'ils y ont faites, mais encore il lui avait inspiré une sainte horreur des divertissements que les enfants du monde recherchent; et cet enfant de Dieu, dans l'union avec Jésus-Christ, et à son imitation croissait et se fortitiait en esprit, en vertu, en lumière, en sagesse spirituelle, et en une vie toute contraire à celle de la chair.

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