LETTRES. — PREFACE DE LA PREMIERE EDITION
douions pas que les personnes qui en feraient l'objet de leurs lecUires spiriluelleset même do leurs raédilntions non rclirab^ent un très-grand fruit. C'est l.'i qu'elles apprendront h roniiaîlre le véritalile esprit du (lirislinnisnip. Tout, dans ces lettres, niôine les circonstances les plus indiiyéreiitos, est plein de ce divin esprit dont surabondait lecœurde Boudon. C'est laque ce saint lionnno |ieint au naturel sa heile ûrae ; c'est lii qu'on peut apprécier Jes lumières si vives (jue la Providence lui avait données pour la direction des âmes dans les voies de la perfeition. La preudère édition de ces lettres ainsi mutilées était, si l'on veut, un recueil ascétique, mais incomplet, tronqué , ne ilonnant qu'une idée fausse du «aractère de l'auteur. Les éditeurs l'avaient pour ainsi dire habillé ou plulùt défiguré à leur façon.
En donnant au public une édition des œuvres complètes de l'archidiacre d'Evreux, nous avons cru que c'était pour nous un devoir do réparer les torts des premiers éditeurs. D'ailleurs, dès que le projet de notre édition lut connu, des personnes qui déploraient les mutilations dont nous venons de parler, se sont empressées de nous donner avis aue le séminaire d'Evreui .possédait des manuscrits de Boudon, prini;ipaloMient des lettres autographes et des copies aullienti(jues d'un grand nombre d'autres. Monsieur le supérieur du séminaire, sur notre deuiaïuie, a bien voulu nous confier tous ces précieux manuscrits. Avec ce secours, nous avons pu rétablir dans leurinlégi-ilé lesleliresqui avaient été mutilées, et ce sont les plus nombreuses de l'ancienne édition, et surtout livrer au public celles qui ont été dédaignées.
C'est ainsi que notre édition double presque le nombre de ces lettres, et do pluscliacuno d'elles est maintenant telle que l'a écrite Boudon. Nous avons cru devoir nous conformer au\ pieux désirs de lluimble archidiacre en respectant mCme les incorrections de son stvle. (juel((u'un lui ayant dit un jour qu'il ferait bien de soigner mieux ce qu'il écrivait sous le rapport du style, et on lui offrait de faire disparaître dans un ouvrage sous presse certîtiiis défauts qu'on lui signalait, il répondit qu'on lui ferait plaisir de laisser son ouvrage nvec tous ses défauts et sa grossièreté, afin d'être humilié, môme après sa mort.