‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 199 sur 436 · PREFACE DE LA PREMIERE ÉDITION · texte numérisé non relu

PREFACE DE LA PREMIERE ÉDITION

Les ouvrages de .M. Boudoe lui ont assuré un ranf; ilistiiigué parmi les auteurs ascétiques. Ce n'ël.iit ni le désir de se faire un nom, ni l'esprit de critique, ni la passion de l'inlérèt (|ui conduisaient .'ia plume. C'était l'unique vue de Dieu et de Dieu seul, le désir ardent de multiplier ses adoraieuis, la passion de lui gagner des cu'urs, qui le déternii:u'ieMl à éiriie.

Celait re même motif, à l'exclusion de tout autre, qui l'engageait à entretenir tan* de correspondances cpisldlaires, pour crier de toutes parts au feu di l'amour divin, selon son expression favorite. On lui écrirait non-seulement de toutes les provinces de France, mais d'Italie, de Flandre, d'Allemagne, et même de l'Asie et de r.-Vniérique, soit pour lui demander des avis spirituels, soit pour conférer a\ec lui sur les moyens les plus propres à établir le règne de Dieu , et il répondait exactement à tous ceux qui s'adressaient i\ !ui.

Depuis longtemps, et surtout depuis qne M. Collet a donné sa Vie au public, on demandait avec empressement l'impression de ses lettres. Quelque désir qu'on ait eu de répondre à i;e pieux empressement, quelques démarches que l'on ait laites pour cela, on n'a pu rassembler qu'environ trois cents lettres, p'esqiie toutes en oiiginal, et quelques-unes seulement, en très-petit nombre, sur des copies autlieiitn|ues. Quoiqu'elles portent toutes l'empreinte de la piété et dn zèle dont M. Boudon était rempli, cependant, pour ne pas trop multiplier les volumes , on a cru ne devoir faire choix que de celles que l'on a jugées les plus éditianles et les plus intéressantes. Ce sont ces lettres que l'on donue aujourd'hui au public, aveo d'antant plus de conliunce, qu'il a paru les désirer avec plus d'ardeur.

En efTet, les lettres sont presque toujours ce qu'il y a de plus intéressant parmi les ouvrages de toutes sortes d'auteurs. Elles sont à l'égard des autres ouvrages, ce que la conversation est à l*égard des haianjîues et des actioiis publi(|ues. Et comme il n'y a personne qui n'aimât mieux eonverser avec tout ce qu'il y a eu de grands hommes et de saints personnages , que de les entendre parler en public , il n'y a personne aussi qui ne soit plus touché de ce qui nous resta de leurs lettres que de leurs autres ouvrages, parce qu'enfin on aime à voir les hommes tels qu'ils sont, et que ce qui les nionlre sous leur forme naturelle et avec le plus de naïveté, est toujours ce qui plait le plus.

Qucl(|ues lecteurs désireraient peut-être que l'on eut mis dans cette édition quelques notes de plus pour éclaireir certains endroits des lettres, ou pour mieux faire connaître les personnes dont parle M. Boudon ; mais ces notes seraient superflues pour quiconque a lu la vie de .M. Boudon, et elles seraient insullisan tes pour ceux qui ne l'ont pas lue. Nous exhortons donc à lire d'abord sa Vie , pour lire ensuite ses lettres avec plus d'intérêt et plus de fruit.

Dans ce recueil de lettres on n'a point pu suivre l'ordre de la chronologie, parce que M. Boudon no Jatait ordinairement ses lettres que du jour du saint dont l'église célébrait la mémoire, sans marquer 'année où il écrivait (7). Cependant, en examinant de prés certaines circonstances de ces lettres, on a jiché d'approcher le plus qu'il était possible de l'ordre chronologlc|ue. Mais si le public perd quelque .•hose de ce eôlé-là, il ne perdra rien dn coté de l'exactitude, et il verra avec plaisir cl avec édilicalion les lettres entières dont il n'a vu jusqu'ici que des fragments dans les diverses Vies qui ont paru du saint irchidiacre.

Plase à l'Etre suprême de bénir un travail qui n'a été entrepris que pour sa gloire, et pour faire conlailre de plus en plus les lumières, la piété, l'humilité et le zèle de l'homme de Diec .secl!

(7)11 est vrai que presque toutes les lettres adressées est d'une main étrangère, et vraisemblablement de la 1 M. Th'jujas ("Ut datées assez exacleiiieiil, inaisjla dais main de M. Thonas hii-mèmB

UtUYU&S CO.MPLETKS DE BOLDON.

LETTRES

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