‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 2 sur 436 · A JESUS, MARIE ET JOSEPH · texte numérisé non relu

A JESUS, MARIE ET JOSEPH

Aimable Jésus, après avoir lionné au public l'ouvrage de la science et de la pratique du Chrétien pour vous faire connaître et vous faire aimer par des motifs très-pressants, pris de vos grâces, de vos bontés et de vos amours , et s|)é(ialeiuent de l'union étroite que les Chrétiens ont pour vous en qualité de membres de votre corps mystiijue, j'ai [lensé à mettre devant les yeux de vos fidèles un homme qui a vécu dans la corruption de la même nature qu'eux, et dans la même fragilité de la môme chair, qui vous a beaucouji connu, qui vous a beaucoup aimé; afin que si d'un côté les motifs de vos grAces et de vos bontés les appellent et les pressent devousaimer, les exemj)les, d'autre pan, leur montrent qu'ils le peuvent faire, et qu'ainsi ils sont entièrement inexcusables s'ils sont sans votre amour. Mais, ô mon Sauveur, que la seule idée d'un état si désolant est etfroyable ! Ah I mon Seigneur, avoir un être, et être sans vôtre amour! avoir un cœur et ne pas vous aimer 1 peuton lien concevoir de plus affreux? peut-on rien concevoir de plus triste et de |ilus misérable? O mon Dieu et mon Sauveur, ne le permettez pas. Nous vous demandons en toute humilité la grâce de votre pur et saint amour. C'est cet amour que nous cherchons , c'est cet amour après lequel nous soupirons c'est cet amour tpie nous voulons. Donnez-nous seulement cet amour, et nous voilà contents, (juand d'autre part nous sontfririons tous les supplices imaginables. Donnez-nous cet amour et il nous sulUt, quand d'un autre côté nous serions dans une privation générale de tout le reste. Ahl nous voulons que \otre pur amour soit tout notre honneur, tout notre plaisir, toutes nos richesses.

Faites donc, mon Jésus, que je vous aime; donnez votre amour aux créatures mes semblables. Ahl que je sois tout dans votre amour, que je ne vive que de voire aniour, que je ne respire que votre amour. Et si j'osais, ô mon divin Roi, je vous demanderais la grâce de mourir de votre amour. Mais certes tout cela ne contenterait pas encore les ardents désirs que je porte que vous soyez aimé. Non, tous les amours des anges et des hommes ne me suffiraient pas encore. Ah! sainte humanité, je vous aime donc, et je vous veux aimer par tous les amours éternels que les trois personnes divines de la suradorable Trinité ont eus pour vous. C'est dans 1 abime de ces amours immenses que je me perds pour vous y aimer. Ah 1 de grâce el de pure grâce I car je sais que la grâce que je vas vous demander ne se mérite point; par tous ces amours éternels des trois personnes divines, accordez-moi la grâce finale pour pouvoir vous aimer éternellement. .\h ! aimer éternellement 1 .\hl vous aimer éternellement! .\hl amour éternel de mon Jésus 1 Ah I plutôt tout souffrir et tout perdre que de cesser un seul instant de vous aimer.

Mais que j'ai de joie, o sainte humanité, de vous voir élevée à posséder un être personnel divin, aussi noble el aussi éminent qu'est celui du Père éternel et du Saint-Esprit; et

OElVRES t:0MPL. DE BotDON. IlL 1

Il OEUVRES COMPLETES DE 150LD0N. 12

Muensuile vous ôles ornéo de lontos les glorieuses splendeurs du paradis; que vo'is êtes élevée à la gloire de la divinité avec des trioiuphes inlinis 1 Dès le premier instant où je vous vois dans cette union personnelle du Verbe , je renonce à avoir plus d'être, plus d'opération d'être que pour vous ; je vous immole, je vous sacrilie mon être et toutes ses dépendances. Grâces et louantes iiumortelles vous soient rendues, ô bienheureux anges qui avez adoré . qui avez aimé le tout aimable Jésus dès le commencement du monde à même temps qu'il vous fut révélé. Grand prince de la milice céleste, saint Michel, glorieux archanges saint Gabriel, saint Raphat'l, et vous tous sublimes esprits de l'empyrée , ^f n'ai point de paroles pour vous marquer la part que je prends à vos triomphes, lorsque vous sé[iarant de toute vue de vous-mêmes et de vos propres intérêts , vous n'avez vu et vous ne vous êtes attachés qu'au seul intétêt de Jésus, ijui vous a fait remporter une si glorieuse victoire sur Lucifer et tous ceux de son malheureux parti. Combattez , grands princes de l'empyrée, continuez toujours à combattre contre les démons pour les intérêts de- notre divin Roi, contre la nature et contre le monde ses adversaires; combattez ardemment pour ses divins intérêts dans les affaires de son Kglise, dans les affaires du diocèse où la divine Providence m'a donné un emploi particulier pour sa gloire, dans tout ce qui regarde les âmes que la môme divine Providence m'a adressées dans tous les lieux où elle me conduit, y détruisant les embûches et les efforts des adversaires du règne de l'adorable Jésus. .Mais surtout combattez dans l'instant de ma mort pour l'établissement de l'empire éternel de Jésus dans mon âme.

0 ange tutélaire qui êtes député si miséricordieusement à ma garde, quand je vous remercierais autant de fois que je respire, je ne pourrais jamais reconnaître dignement vos charitables bontés. Que ne dcvrais-je point faire pour vous, s'il était en mon pouvoir de contribuer en quelque chose à votre bonheur, vous qui vous appliquez avec des amours si ravissants pour me rendre éternellement bienheureux? Au moins, puisque je ne puis faire autre chose, je veux avoir toutes les complaisances possibles et prendre toute la part imaginable à votre glorieuse félicité. Ahl que j'ai de joie §e votre heureuse attache pour Jésus, de la fidélité que vous avez eue pour ses divins intérêts! Continuez, glorieux prince, à les soutenir en ma chétive personne, et surtout à l'heure de ma mort, puisque ■•'est le moment d'où dépend la victoire éternelle de tous ses ennemis et le triomphe perpétuel de son divin amour. Aimable intelligence du iiaradis, obtenez-moi quelque part h la grandeur, à la fidélité de votre zèle pour Jésus, que je supplie d'augmenter de plus eu plus votre gloire accidentelle, et celle de tout le reste de vos troupes glorieuses.

Je vous bénis, ô glorieux patriarches, ô saints prophètes, pour tous les désirs ardents que votre amour vous a inspirés de la venue de Jésus; je m'unis à tous ces désirs, je m'unis à tous ces amours. Je vous bénis, ô glorieux apôtres, 6 saints disciples de Jésus, ô saints et saintes de Jésus, pour tous les amours de vos cœurs pour cet aimable Sauveur, pour tout le zèle que vous avez eu pour ses sacrés intérêts ; je m'unis à tous vos amours, je m'unis à tout votre zèle.

Mais, ô glorieuse Vierge, comme l'union que vous avez eue avec Jésus a été incomparable, l'amour que vous avez eu pour lui ne peut souffrir de comparaison. C'est ce qui vous rend le plus grand, le plus digne et le plus éminent sujet de la domination et de la souveraineté de Dieu dans la circonférence des créatures. C'est ce qui vous rend un abîme de grandeurs et un monde d'excellences qui font l'étonnement du paradis. Aussi votre grâce est un prodige et un miracle dans l'ordre même miraculeux de la grâce, et qui renferme en érainence toutes les grâces des hommes, des anges et des saints. Car enfin à qui des hommes et des anges un Dieu dit-il : Je suis votre fils, vous m'avez engendré? (Psal. Il, 7.) Certainement votre qualité de mère de Dieu est telle, que jamais aucun esprit ni du ciel ni de la terre n'aurait pu se la figurer. Ah! que mon âme, auguste souveraine des anges et des hommes, prend départ à tous vos privilèges, se réjouissant plus de ce que vous êtes que de ce qu'elle est, et vous aimant davantage incomparablement qu'elle ne ne s'aime, préférant le moindre de vos intérêts à tous ses intérêts IMais comme l'un de vos grands privilèges est de donner votre Fils bien-aimé et l'anproiirier aux âmes, et de le faire régner dans les cœurs par son pur et divin amour, établissez son saint empire en tout ce que je suis et en tout ce que je fais, et particulièrement à l'heure de ma mort pour le rendre éternel, pour l'honneur et la gloire de ses sacrés intérêts, qui est l'unique chose que je veux et h la vie et à la mort, et après la mort. Ah 1 toujours Dieu seul et ses sacrés intérêts. Perte à l'inlini de toute vue d'intérêt purement créé. C'est pour l'unique établissement de ce seul intérêt de Dieu seul dans l'union avec Jésus-Christ que je vous otfre, que je vous dédie, ô ma glorieuse dame et maîtresse, cet ouvrage aussi bien que tous les autres qu'il a plu ?j la divine Providence me faire donner au public. Vous savez que je n'ai rien qui ne vous appartienne. Ah ! ce serait ma joie de pouvoir vous mettre toutes choses entre vos mains, afin (lue par vos pures mains elles fussent toutes consacrées et immolées au pur amour de Dieu seul. .Mais cet ouvrage de la vie et des actions de l'un de vos plus zélés serviteurs vous aitpartieiit d'une manière toute spéciale en qualité de mère du bel amour, puisque le pur amour a été comme l'âme de son âme qui a animé sa sainte vie et ses actions chrétiennes.

Celte coasidéraiion , ô glorieux saint Joseph, m'oblige de vous présenter cet ouvrage ai»rès l'avoir offert *i lavoir déJié à votrt* virginale épouse; puisque si elle a été la oière

ir; LHOUilF. W. DIEU. - AL GIOI\lEtX SAINT IGNACE. 14

Oc l'amour, vcms imi avez été le jii'rc noiirriciei', awiiit eu l'tiunneiir de iiouirii l'.iniour incarné lorsqu'il s'est fait domine et iju'il a paru vi.siblemeiit parmi les hnnmies. C'est eu (|ni vous a élevé h des grandeurs qui sur|)assent toutes les |iensét's des créatures, (|ni ravissent le ciel, et qui sont cachées aux obscurités de la terre; aussi votre vie céleste n été une vie toute cachée, parce (|ue la terre en était indigne et ne méritait pas de la connaître. Mais cet ouvrage vous appartient encore, jinisque celui dont on y décrit la vie a vécu et est mort dans une dépendance si sj>éciale de votre céleste conduite ; puisqu'il vous regardait comme son tidèle patron et grand protecteur dans tous ses besoins, et ça'ii a ressenti si ellicacement votre puissante protection dans les prises (|u'il a eues avec les démons de l'enfer; puisque partout il faisait une si haute profession de votre culte, il no respirait que votre gloire, il allait dans les villes et les villages manifestant vos grandeurs et vos excellences, publiant vos bontés, racontant les merveilles qu'il plaît à Dieu de faire en votre faveur; puis(iu'il était tellement à vous qu'il avait pris le nom de Joseph, pour faire voir h tout le monde ipi'il était plus à Joseph qu'il n'était à soi-môme.

Davantage cet ouvrage vous a})partient jiar les inclinations de mon cœur; car à qui l'of- Irirais-je plus volontiers après votre virginale épouse, (ju'au grand saint de nja dévotion, qu'au grand saint que je désire de tout mon cteur honorer le reste de mes jours [lar un culte Irés-particulier, et dont je voudrais faire connaître à tout le monde qu'il est le non- ]iareil dans ses faveurs, l'incomparable dans son crédit au[)rès de Dieu, l'admirable dans ses bontés et miséricordes ? Grand saint, que ce m'a été une douce consolation de rapporter dans cet ouvrage les faveurs extraordinaires que vous avez faites à une de vos plusfiJèles servantes, les grands et innombrables miracles que la toute-puissante main de Dieu a opérés en tant de lieux et dans tant de ditTérenles provinces par vos charitables intercessions 1 Mais quelle joie mon cœur ressent, quand je pense à la liaison ineffable que vous avez eue avec vin Dieu fait homme! Bienheureux saint, et mille et mille fois bienheureux, je vous conjure par la part que vous avez eue au mystère de l'Incarnation, de m'obtenir un vrai et fidèle amour pour le tout aimable Jésus, qui me lie inséiiarablement avec cet adorable Sauveur pour jamais : et pour cette tin, impétrez-moi de ses grandes miséricordes la grûce finale, le don de persévérance. O Jésus, le Dieu de toute consolation, je vous demande, abîmé devant votre infinie grandeur, ce don de voire pure miséricorde par les services que Je glorieux saint Joseph votre père putatif vous a rendus autrefois sur la ferre. Accordezmoi en sa faveur le don de votre pur amour. Faites que je vous aime et que je ne cesso jamais de vous aimer. Donnez cet admirable saint pour protecteur à votre Eglise; donnez-le pour protecteur au diocèse oi^ j'ai quelque engagement par votre pure Providence; donnez-le pour père à mon âme et à toutes les âmes ([ue vous m'avez adressées; qu'il nous conduise dans les véritables voies de votre service ; qu'il nous y préserve des embûches de nos ennemis invisibles; qu'il nous y délivre de tous les obstacles; qu'il nous y défende dans tous les périls ; qu'il nous y soutienne toujours de sa paternelle protection, le tout pour vos seuls intérêts, et pour la seule gloire du Père et du Saint-Esprit, avec qui vous vivez et régnez es siècles des siècles.

Page 1