LETTRE XVII
// l'exhorte à souffrir dans un esprit de soumission et de Siuriftce, à l'exemple du Sauveur et de la sainte Vierge.
UIEL SEIL.
Ma chère fille, Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. C est en sa très-pure lumière que nous iievons être pénétrés que rien n'arrive sans la divine Providence, puisqu'il nous a enseiiiie qu'un seul cheveu de notre tête ne
ÛEtVKtJ COMCL. DE BOLUON. ill.
tombait pas sans sa sainte conduite. Aussi l'Ecriture nous dit qu'il n'y a point de mal gue le Siiipteur ne fasse (Amos, m, C), à l'exceiition (ill péché ([u'il ne fait que permettre : donc tous les maux de peines (jui nous arrivent nous sont envo\ésde Dieu, soit que (C soit par é|ireuve, ou par châtiments de nos fautes. Or les maux qui nous viennent, venant de Dieu, doivent donc être re(;us avec respect, avec amour, avec soumission, avec actions de gi Aces, .soit que nous lés regardions en nous, so;t que nous les lonsidérions dans les autres; et c'est un étrange déréglenienl ipie de s'en attrister, de s'en faire des peines, car c'est se tourmenter dece que Dieu fait. Ne sait-il |ias bien ce qu'il a à faire"? Voulons-nous lui apprendre à gouverner ses créatures ? La vue de 1 1 volonté de Dieu ne soulfre point d'exception, jmis- (jue tous les ijiaux vienneut de lui. Il a voulu même, j anine miséricorde incompréhensible, saiictilier ce qu'il y a de (ilus humiliant et de [ilus douloureux dans les maux, ayant bien voulu passer pour fou, et être traité de la sorte par Hérode et toute sa cour, et mourir au milieu d'une immensité de douleurs. La très-douce Vierge l'a vu dans cet état, et l'Ecriture nous a()p'-end quelle était debout ( Joan. xix , 2o ) : idle n'était pas abattue, elle ne criait point; elle adorait avec une soumission i>arfaite la conduite du Père éternel ; elle ne s'inqniélait point de ce que ses disciples l'avaient aliandonné, et de ce ([u'il mourait sans aucun secours; elle était entièrement unie au sacrifice que son Fils adorable faisait de luimême. Et après qu'un Dieu s'est .sacritié, y a-t-il rien au monde dont nous ne devions faire un sacrifice"? et y aurait-il à hésiter quand il faudrait sacrifier des millions de mondesqui, devant Dieu, ne sont rien"? L'es- |irit de la religion est un esprit de sacrifice ; et n'est-ce pas une chose lamentable de voir des jiersonnes, même religieuses, se tourmenter pour donner à Dieu et immoler à sa grandeur quelque maladie, quelque humiliation, ou quelque créature "? Est-( e être entré en vérité dans le no\icial seulement de la religion chrétienne "? Est-ce connaitrc la grandeur de Dieu "? Mais coinmenl n'être pas infiniment consolé, bien loin d'être dans l'iinjuiéiude, de savoir que les plus grands maux nous deviennent de très-grands ijiens; que nous ne [iouvons jamais mieux être, que lorsque nous sommes dans l'étal où Dieu nous met, quoique notre raison n'en discerne pas les avantages ? Mais n'est-ce I as assez de savoir que c'est Dieu qui le fait"? peut-il faire quelque chose qui ne soit pas parfaitement bien fait ?
11 est vrai que dans les maux qu'il nous envoie, il prépare de certains secours et pour l'intérieur et pour l'extérieur; le recours à la prière, a la sainte Vierge, aux bons anges, aux saints, la confiance en son aimable •providence, les avis que l'on peut [irendre; les remèdes naturels à l'égard du corps. 11 faut s'en servir dans son ordre ; mais à l'égard des remèdes que l'on ne peut pas avoir,
OF.IVRES COMPLETES DE BOl'DON.
il veut aussi cette iirivation : et pourquoi <1<)nc ne la voudrail-oii pas ? Quels remèdes et pour rintérieurel pour Fextérieur avaient les anachorètes qui vivaient seuis dans les déserts?
Il lautde )ilus ne se procurer m augnionter ses înaux fiar soi-même, jnr entêtement, ou se privant des secours que l'on peut avoir, ou faisant des choses qui contribueiit à nos maux par nos rétlexions, ou par une trop grande occupation de l'Os peines, ou en quelque autre manière que ce soit. Si cela est arrivé, il faut en demander pardon à Dieu, et souffrir la jieine que nous en portons, car Dieu veut cette (leine. quoiqu'il ne veuille pas nos défauts, et tâcher avec son divin secours de nous en corriger.
Je salue votre chère sœur, la sœur Pétronille, vos bons angts, tous les lions anges et saints patrons de la ville et du diocèse où vous êtes, et des personnes qui y sont, et suis, etc.
LETTRE XVIIL
// l'exhorte à s'abandonner sans reserve à la divine Providenee.
DIEU SEIL
Dieu seul. Dieu seul en trois personnes, etc. Les occupations que la divine Providence me donne, ne me permettent pas d'écrire souvent aux mêmes [jersonnes. Elle nie donne lieu présentement de répondre à votre dernière lettre, et de vous réitérer que vous ne devez ])oint vous embarrasser Ue ce que la personne vous a dit : vous pouvez continuera son égard, si vous pouvez, avec le secours divin, ue vous en pas inquiéter ; cejiendant si cela vous embwrras^e trop, il vous est permis de faire ce que votre provincial vous a dit.
Le Nouveau Tesiament du P. Amclotte est autorisé par l'assemblée générale du clergé; et il n'est pas vrai qu'il soit comme celui de .Mons.
Vivez et mourez dans un abandon sans réservée la divine Providence; c'est la meilleure et la plus tidèle des mères ; nous ne pouvons pas mieux être qu'entre ses divines mains, pour être tout ce qu'il lui plaira que nous soyons, rien autre chose. Qu'elle nous mette donc dans tels états qu'elle voudra, dans toutes les disposiiions intérieures et extérieures selon son bon [ilaisir divin: tout ce que nous avons à fane est de la laisser faire, sans le plus i)etit mouvement de notre propre volonté. Ah 1 il est juste que ses pauvres et chétives créatures lui soient exliôrnement soumises. Vivons, ma chère fille, et mourons dans sa parfaite dépendance :
qu'elle soit seulement gloriliée, que se.5 divins intérêts soient seulement établis : entrons pour toujours dans un oubli sans réserve des nôtres (lOur la vie, la mort et éternellement aurès la morl : répétons-le, qu'elle
soit seulement et uniquement gloriliée.
Quand elle nous met hors d'état de garder les observances |iar les incommodités qu'elle envoie, il ne les faut pas garder. Je crois (pi'elle ne me mènera à Paris, que vers la lin de novembre. Tâchez de vous tenir dans la sainte (laix de Jéjus-Christ. Vous devci vous doiuier de garde de votre esprit naturellement inquiet. Oh! que nous avons un bon maiire et une bonnne maîtresse? s'écriait le saint homme. Je Père de Mataincourt. Je salue votre bon ange, tous les bons anges et saints patrons de votre institut, de la ville et du diocèse où vous êtes, et suis, etc.
.4 Evreux, ce 26 de mai, jour de la précieuse mort de la (lienlieureuse Marguerite du, Sainl->'acreiiient, qui u excellé en la dévotion au saint enfant Jésus.
LETTRE XJX.
// l'exhorte à se réfugier dans le r.œi}r de Jésus, et à se soumettre aux desseins de Dieu.
DIEU SEUL
Ma chère fille,
Dieu seul. Dieu seul en trois peronnes, et toujours Dieu seul dans la sainte union du sa:ré cœur de Noire-Seigneur Jésus-Christ, le Sauveur de tous les hoiiimes. C'est cet aimable cœur infiniment aimant et infiniment atiorable, qui a voulu, par une piovidence d'un amour incompréhensible, être ouvert aussitôt qu'il fut mort, pour nous crier hautement et fortement combien il était facile de s'y réfugier, et que n'étant fermé à personne, toutes sortes de personnes [louvaient et devaient s'y retirer. (jue ce soit donc, ma chère fille, le lieu de votre retraite ; que sa jiaix divine, qu'il a laissée comme un héritage à ses discijjles, demeure en vous, et demeurez dans cette paix divine. Pour']uoi vous inquiétez-vous, puisque rien n'arrive s-ins sa conduite, et que sa conduite est toujours infiniment adorable et infiniment aimable, que toutes les créatures doivent honorer incessamment et sans aucune réserve, s'y soumettant pleinement de toutes leurs Ames, de tous leurs esprits, de tous leurs cceurs et de toutes leurs forces ? Nous nous embarrassons bien vainement et inutilement dans nos petites ]iensé(!S. Notre bon Sauveur s'est-il inquiété d'être trente années sur la terre, sans y rien faire au dehors, quoique toute la terre fût dans le besoin ? ^on zèle, le plus grand et le plus divin qui fût jamais, n'a-t-il jias été soumis parfaitement aux ordres de son Père ? Après tout, est-ce que tous les etl'orts des créatures nous pourront ôterDieu?et si nous l'avons, n'aurons-nous pas tout ? Tant de divins solitaires, qui ont vécu sans secours des hommes, n'ont-ils (/as été assistés des grâces les plus abondantes? Bien auconiiaire, jamais Dieu ne fait \iius de grâces que lorsque les serours des créatures manquent.
XIS
LETTRKS. — A LA MKllK KI.ISAUCTll DK SAINTE-MAUIK.
J'espère qu'avec le secours de la divine l'rovidence nous no<i> pouiTons voir le mois de novembre, si nou'< sommes encore au monde. Je salue bien votre chère sœur. Tous les jours j'olFre mes cliétives prières pour vous. Si vous écrivez à voire |)ère confesseur, assurez-le bien de mon souvenir devant Dieu et de mes respects. Je le su|iplie de prier pour la gloire de Noire-Seigneur et de son immaculée Mère en moi. Je salue tous vos anges, et suis, ma chère fille, etc.
.•1 Hvreux,ce 8 de juin, ft^hdes sainls pontifes Godard el Médard.
de lumières que moi ; mais, selon ce que j'en jiuis avoir, dans l'état oii est préseniemenl votre maison, si j'étais à li'ur jilaie, je serais bien éloigné de retrancher rien de le qu'on vous a laissé. Mais legardez la divine l'rovidence en toutes 'hoses : c'est une consolation qui ne se peut exprimer, de ne pouviiirtldutcr (]uo rien n'arrive sans sa divine conduite. Je salue vos bons anges, et suis, etc.
.4 Evreux, ce 29 de innr^, fêle de saint Ariiiof/nsle, qui fut condamne par le roi des Vandales à garder les vaches, et qui dans cet état mourut de misère.