‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 210 sur 436 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

Séparation des créatures , courses apostoliques de Boudon.

Ma ehère fille.

Dieu seul dans l'union de notre bon

Sauveur Jésus-Christ. C'est dans cette union que l'âme, se tenant à Dieu seul, trouve sa paix et son repos; c'est une vraie illusion de s'arrêter aux créatures, nous ne sommes pas pour elles, et si un os hors de sa place dans notre corps, nous donne tant de tourment, et ne cesse de nous faire soulfrir jusqu'à ce qu'il soit remis, comment nos pauvres âmes pourraient-elles être sans peines , étant hors de Dieu seul qui est leur unique centre et leur unique et dernière fin ? Tenez pour une grande et véritable maxime que, pour être dans un vrai repos, il faut que notre cœur sorte des créatures et retourne à Dieu et à Dieu seul, dans l'union de notre bon Sauveur. La liaison que vous aviez avec la personne dont vous me parlez , était bien humaine de part et d'autre, comme les effets que vous me marquez le montrent bien. Ahl ma chère fille, quand la liaison est divine et chrétienne, elle ne cause point tous ces effets, ces regrets, ces sensibilités dans la séparation ; l'on ne souffre pas d'être séparé d'une chose à laquelle on ne tient point. Ne vous engagez jamais plus dans ces amitiés de lo créature ; il ne faut plus aimer que Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur; le conseil que l'on vous a donné de rompre entièrement vient de l'esprit de Dieu et les peines qui vous arrivent sur ce sujet viennent de l'esprit de la nature corrompue t*. du diable, (ionservez-bien votre cœur pour Dieu seul dans l'emploi ou vous êtes ; pronez-garde à ne vous pas attacher à la créature de nouveau; nous ne vous oublions pas en la présence de notre bon Maître et de notre bonne Maîtresse. La divine Providence, ma bonne mère et toujours très-fidèle mère , m'ajant conduit cet été à bien des bouts de la France , pour y annoncer le royaume de Dieu, elle m'arrête de tous côtés dans les lieux ou je passe , pour y crier au feu du divin amour ; elle nous a bien occupés à donner les exercices de la retraite à différentes communautés de divers diocèses, nous y sommes encore présentement. L'on nous attend pour le commencement de décembre dans une autre ville pour le même sujet, et apparemment la même divine Providence ne nous reconduira pas à Evreux , si nous sommes encore au monde, que vers le mois de janvier; en ce temps vous pouvez-nous y écrire. Je suis encore dans une province éloignée d'Evreux, nous avons besoin de vos prières et de celles de vos amis, les temps, la saison, les chemins étant difTiles, elle nous empêchera apparemment d'aller à Paris qu'après Pâques. Je salue avec bien du respect votre chère sœur. Je vous supplie de faire bien mes civilités au Père, votre cher frère ; il est vrai que ses emplois de prédicateur et de confesseur , sont bien dangereux dans la jeunesse ou il est, et qu'il y a extrême danger de s'y prendre aux créatu-res; beaucoup d'oraisons et une reraite 'Jes créatures ménagée autant qu'on e peut, sont-bien nécessaires. Laissez-vous entièrecaent ii tout ce qu'il plaira à la d-iviue

LETÏIŒS. — A L\ Mi:i\E KLISABETIl DE SAINTE-MAHIL.

Providence disposer de vous, mais Vie deinandez rien, ces demandes soril souviiil indiscrètes et ijueliiiietnis n'ont pa.-- de buns ellets. Je saine votre hon anj^o. KcnuMtczniui toujours l'adresse, car je rouhiie.

Je suis, ma clière lille, votre, etc.

Le 12 noiembre , fcCe df- saint Martin , Pa/ie , glorieux martyr.

LETÏWK XVI.

A l\ MÊME.

Avantages des croix.

niKl SKLI..

Dieu seul, Dieu seul en trois personnes, et toujours Dieu seul cl.ins l'union de notre lion Sauveur. Enfin je lépète toujours la même (■liose, car c'e^t Dieu seul que je désire uniquement desavoir, et d'avoir pour tout en toutes choses. Bienheureuses les croix, de queKiue part qu'elles puissent venir, car c'est par leur moyen (ju^on arrive à ce Dieu seul 1 Bénie soil son aimable providence, et (|u'elle soit mille et mille fois adorée. aimée, louée, glorifiée et remerciée des imommfidités qu'elle m'envoie! J'ai des fluxions sur les veux, mais q^iii ne me font pas plus de ma! ijue lorsque j'étais à Paris. Si je suis encore au monde, j'espère que la divine Providence nous y mènera vers le mois de novembre. Je n'ai [loinl eu le dessein d'y aller cet été. On me défend l'application , et il est vrai qu'apparemment c'est ce qui contribue à mes imommodités. si donc vous n'avez rien qui presse, vous me ferez charité de ne me point écrire; deux ou trois mois sont bientôt passés. Je salue votre chère sœur, vos bons anges, etc.

Si la divine Providence vous faisait voir M. de Vienne ou que vous pussiez avoir du se.s nouvelles, je vous supplie de savoir de lui ii ([uelqu'un n'a point mis en notre langue les grandes et admirables choses de la samle mère d'Agreda. Je ne sais si je me souviens bien de son nom ; mais c'est à peu prèscomme je l'écris, il l'entendra bien. On me prie de Flandre de m'en informer. C'est elle qui a eu des révélations si singulières de la vie de la très-sainte Mère de Dieu ; elle en dit des choses merveilleuses.

Je suis, ma chère fille, etc.

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