LETTRE XXIX
Détachement entier des créatures produit en
UXVKFS COMPLETES DE BOUDON. 824
nous la paix de l'âme. Enquoiconsiste cette paix.
DIEU SEIU
-Ma chère iille,
Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. Oh! qu'il est vrai qu'à proprement parler il n'y a que Dieu seul, et que tout le reste n'est rien 1 Oh ! que l'amusement des créatures est une sotte vanité, un grand mensonge et une vraie illusion ! Mais c'est aussi une grande vérité que Dieu tout bon, dans l'ordre de sa divine providence, veut se servir de son immaculée Mère pour nous conduire à lui seul. Allons donc, ma chère tille, par .Marie à Dieu seul, et dans l'union de notre bon Sauveur; car c'est dans cette union que la très-glorieuse ^■ierge est ce qu'elle est, et que nous fiouvons quelque chose de bon. 11 y a eu un décret de la congrégation contre la dévotion de l'esclavage de la sainte Vierge; mais la même congrégation, jiar un autre décret, s'est expliquée, déclarant que c'était c(jntre les abus. Et en etl'et une dévotion apfirouvée si authentiquemenl, et même par plusieurs Pa()es qui ont depuis donné des indulgences à ceux qui la pratiqueraient, et dont la confrérie a élé établie [lar le grand Pape Alexandre A'il, dont la mémoire esien bénéiliction, ne peut (las être condamnée par des congrégations de cardinaux ni par d'autres, à moins que de condamner les souverains Pontifes.
Les retraites que l'on fait ne sont pas pour parler aux créatures, quoique bonnes ; mais jjour parler à Dieu dans la séparatiuu des créatures. Il faut tendre avec le secours divin à se détacher de toutes, quelles qu'elles puissent être, et n'en désirer ni l'estime ni l'amitié, ce cjui metdans unegrande pais ; car le détachement chrétien Ole toute inquiétude et fait que l'on ne se met pas en [leine si l'on nous considère, ou si l'on nous aime ; il ôte toutes les secrètes envies; car, ne désirant rien des créatures, l'on ne considère |ias ce que l'on en reçoit ou non, ni si elles font mieux aux autres. Je crois, pour celle dont vous me parlez, qu'il ne faut point vous en embarrasser, lui.parlantdans l'occasion, avec respect sans vous procurer son entretien de que de temps en temps pour ne la pas choquer ; vous voyez que son entretien ne sert qu'à vous embarrasser ; cependant demeurez dans le respect et n'usez plus dé reproches. Quand les choses que l'on pense sont certaines, il ne faut pas s'embarrasser de la créance que l'on en a.
Au reste, pour avoir la paix, il la fautavoir en la manière que Dieu tout bon veut qu'on la possède, c'est-à-dire souvent soutirant le trouble dans la partie inférieure; caria paix divine qui réside dans le fond de l'âme, compatit bien avec le trouble de eette [lartie inférieure , et pour cela il faut être paisible dans le ti-ouble, ne s'inquiétant jtas de ses inquiétudes, étant bien aise de ses peines,
flfil Ce voyage iliinl Boiidon fait iiH'iilioii (laiis cette Icilic cl dans iiuilnues autres, est le voyage qu'il lit cil Ija>icrc, vers luii 1663.
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