‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 228 sur 436 · LETTRE .\L11I · texte numérisé non relu

LETTRE .\L11I

Le Chrétien n'a pas besoin de la présence visible des personnes pour se souvenir d'elles devant Dieu. Adorer, aimer la conduite de ta Providence.

DIEU SEUL

Mes chères ûUes, Dieu seul dans l'union de notre bon Sauveur Jésus-Christ. C'est dans cette divine union que je vous trouve tous les jours en notre bon Sauveur. Le Chrétien n'a pas besoin d'une [irésence visible pour se souvenir des personnes ; elles lui sont plus présentes en esprit que s'il les voyait de ses yeuî corporels. Ainsi la distance des lieux n'apporte aucun empêchement à l'application qu'il en a devant son Seigneur el son Dieu. C'est dans cette application que Dieu tout-bon et tout miséricordieux se plaît à communiquer ses plus grandes grâces; ce qui a fait dire avec grande vérité qu'il vaut mieux prier que parler. Son aimable el divine providence vous servira de la meilleure des mères ; j'y ai une entière confiance'pour vous trois : seulement, cherchez le règne de Dieu et ses seuls intérêts ; vivez dans une parfaite soumission à ses ordres, et dans un entier abandon à toutes ses conduites, et cela sans la moindre exception, el pour le spirituel et pour le temporel. O mon Dieu 1 que j'ai de joie de dépendre du Dieu de toute grandeur I Je voudrais que toutes les créatures du ciel et de la terre m'aidassent à adoper, à remercier, à bénir, à aimer, à glorifier ses divins jugements et toutes ses conduites, sans en vouloir pénétrer le moins du monde les raisons. Ahl que je les aime sans les entendre I Ah 1 que je les veux adorer sans les connaître ! .\h ! que

je les veux aimer, quand elles ne tendraient qu'à m'écraser et à me faire périr 1

Demeurez dans la sainte paix de Jésus, quelques troubles qui puissent s'élever ; et ayez recours à lui, par l'oraison, quelque jieine que vous y jiuissiez avoir. Souvenezvous bien aussi de !a dévotion à suint Joseph. Hier la divine Providence nous fit faire un sermon en son honneur dans le commencement des exercices d'une retraite qu'elle nous fait donner à une couimuiiauté d'Ursulines, que nous mîmes sous sa glorieuse protection. Ap[)arcmmpnl elle nous donnera de l'occupation encore, tellement que je ne vois guère d'apparence <l'êlre de retour à Evreux que vers la ûii de novembre ou dans le mois de décemlire. Son bon plaisir s'accomplisse sans réserve! J'aurai soin, avec son divin secours, de vous écrire de temps en temps des lieux oii. elle nous conduira.

Si vous [)0uviez faire tenir sûrement? liv. à Mme Henri, de ma part, je vous les rendrais aussitôt que je serai de retour, et vous feriez une grande charité, car la i)auvre femme est dans un grand besoin, et je crois que la divine Providence bénirait votre charité. Voici une lettre pour elle, en cas que vous puissiez lui faire tenir cette somme, car je lui mande que je vous ai priée de la lui faire rendre. Je [)rends toute la part jiossible à la maladie de Mme Anne; j'en aurai un grand soin devant Notre-Seigneur et son immaculée Mère. J'écris pour Mme Simon à la mère supérieure. Je salue vos bons anges, etc.

Ce 9 d'octobre, fête du glorieux martyr saint Denis et de ses bienheureux compagnons.

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