‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 230 sur 436 · LETTRES. — A MADAME DE ROUVES · texte numérisé non relu

LETTRES. — A MADAME DE ROUVES

I <]ue nous suivrons exaitiMiient les nionve- ' ments célestes qu'il nous a mérités? Aii ! qu'il est grami temps de n'agir plus (juo par • la vertu de Jésus, et de cesser une lionne j* fois d'agir par la vertu, ou, pour mieux ' dire, par la i'aililesse humaine, renonranl ;') toute l'imperlection de nos opérations, pnur n'opérer plus (jue()ar l'opération du Saint-Ksjirit, qui demeure dans toutes les ilmes (pii ont la c'narité (le Dieu! A'oilà cependant ce que c'est que d'ôlre Ctirétien, ce qu'on appelle, dans la vérité, renaître à Dieu, être enfant de Dieu, être véritable disciple do Jésus-Christ.

Cette vérité m"a grandement pressé d'avoir recours â la très->,,crée \'ierge, dont il e-^t écrit qu'itn homme et un homme est né dans elle (Psal. lxxxvi, 5), un liomme Dieu, et un homme purement homme ; en sorte qu'il est vrai de dire qu'elle est notre mère : aussi l'Eglise nous la fait invoquer sous cette doure et aimable qualité. Appelons-la donc à notre secours, comme notre trèsbonne et très-puissante mère. Criofis-lui du plus proff^nd de nos cœurs, avec les saints, avec l'Eglise, qu'elle se montre être notre mère, c'est-à-dire qu'elle nous engendre à Dieu par une divine renaissance; car c'e>t en cela qu'elle se montre et qu'elle est véritablement notre mère, et que nous sonuues ses enl'aïUs, que nous sommes, dis-je, les frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers, jiarticipants de son royaume qui n'a point de tin. Mais comme Jésus-Christ avec tous ses frères ne fait qu'un même corps, ce qui nous donne encore la précieuse qualité de membres de ce divin Sauveur, nous ne devons être animés que de son Esprit, et par conséquent ne vivre que de sa vie : c'est ce que nous avons déjà dit, et c'est ce qu'on ne peut jamais assez dire. Après cela, quitlons-uous, mourons à nous-mêmes, laissons-nous perdre et abîmer totalement en Jésus, pour être divinement transformés en cet aimable Dieu-Homme, et pour devenir saintement un même esprit avec lui. Ah ! oui : il le faut dire une bonne fois : Plus rien que Jésus, et Jésus seul en toutes choses. Priez la très-sacrée Vierge par le cœur de son bien-aimé enfant Jésus (hélas! que pourrait-elle refuser à ce cœur précieux à qui elle doit tout ce qu'elle est, et qui ne lui a jamais rien refusé !), que je renaisse à ce jour de ma naissance, qu'elle s'y montre ma véritable mère, et que j'y sois pour un jamais son véritable enfant. Je vous avoue que je me perds dans ses miséricordes, et que j'attends avec une confiante indicible, au delà de ce que je puis dire, des secours inetfables de sa maternelle bonté.

J'ai eu une maladie dont je ne suis pas tout à fait quitte, dans laquelle j'ai expérimenté la douce protection d'une si l)onne Dière, de telle manière que je la préférais à tous les honneurs,- plaisirs et richesses de la terre. J'en espère l'heureuse continuation : il me semble que je commence un peu à vouloir la servir, et que j'entre dons

quelque nouvelle vie. Priez-la ftien, ainsi que les saints anges et les saints, ijue je ne (■iiuim(!tte (ilus rien qui m'en rendeinUigne. Je salue vos saints anges, etc.

A Paris, le i'^ fie janvier, fête dw glorieux nom de Jésus, 1G71.

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