LETTRE LVII
DIEU SEUL
.Madame,
C'est toujours Dieu seul qui doit être notre unique tout ; c'est la seule chose qu'il nous faut regarder au milieu de toutes les créatures et de toutes les affaires qui se présentent à nous. C'est pour ce Dieu seul qu'el es sont toutes faites, et nous n'en devons user que pour une fin si glorieuse ; et puis enfin, elles passeront toutes, bientôt il n'y aura plus de monde pour nous, quittonsleauparavant qu'il nous quitte, et, pour ce sujet, aimons tout ce qui sert à nous en détacher, attachons-nous à la croix, notre chère espérance. J'espère avoir le bien de vous voir le jeudi ou vendredi après Pâques, pour commencer mes visites le lendemain de Quasiinodo, vous m'obligerez de me faire la charité de blanchir mon surplis sans dentelle pour ce jour-là ; vous voyez comme je vous im[)ortune toujours, c'est une de mes misères d'être charge à tout le monde; je vous prie de bien laire mes baise-maiiis h Jliue votre tille, et de bien bon cœur, je vou.N en asjure ; je n'oublie i:a» Claude. J ai
écrit à Mlle le Maréchal, sans en avoir eu réponse; je lui écris encore aujourd'hui. Je vous prie de lui dire, si elle est encore à Evreux, (ju'elle lue fasse au plus tôt réponse, car l'affaire i)resse; si elle n'y était pas ou (ju'elle fût malade , vous m'obligeriez bi'Mi fort de m'en donner avis à la première poste; parce qu'il est important pour son bien ; elle devrait depuis trois postes m'avoir fait réponse. Je suis toujours logé chez M. Cousturier, rue Saint-Dominique, au faubourg Saini-.Michel. Priez la sainte ^■lelge et les saints anges pour nous, et me tenez liarfaitement, .Madame, votre très-humble et obéissant ^crvileur.
LETTRE LVUI.
Abandon à la divine Providence.
Mes chères Dlles.
bon Sauveur Jésus-Christ ; confiez-vous en son aimable providence, je vous l'ai dit et je vous le dis toujours ; c'est la meilleure et la plus fidèle des mères ; comme j'attends tout d'elle, c'est d'elle que j'espère tout pour vous. J'ai toujours de si douces et de si continuelles expériences de ses soins ineffables, que je ne trouve point ni d'amour, ni de louanges, ni d'actions de grâces pour la dignement remercier. Je me laisse perdre en Jésus, pour, en Jésus et par Jésus, lui rendre mes reconnaissances. Elle m'a beaucoup occupé pour sa gloire dans tous les lieux où elle m'a fait passer, et elle me donne encore présentement beaucoup d'occupations, il lui plaît d'y réi>andre abondamment ses grâces et ses bénédictions. Qu'elle en soit uniquement glorifiée ; car pour jamais point de créature.
J'espère qu'elle me fera arriver à Evreux le jour de la fêle de la Dédicace, le 2 de septembre. Vous m'êtes présentes tous les jours,- en son adorable présence. Je salue Mlle Galland, toutes les personnes de notre connaissance; vos bons anges, tous les bons anges et saints patrons de la ville et du diocè^e d'Evreux.
Je suis, etc.
Je ne rei^ois vos lettres que d'hier au soir, et on n'a pas pu me les faire tenir jilus tôt. Je suis mortihé de ne pouvoir écrire à Mme Henry, le loisir ne me le permettant pas, et n'y ayant rien de pressé.
Le 10 aoiU, veille de la fête du grand saint Taurin, ére'que d'Evreux.