‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 257 sur 436 · MADAME · texte numérisé non relu

MADAME

8S7 ŒUVRES COMPLETES DE EOIDON

nos uutels pour ramour de l'iiotiinie, il f;iut être sacritié. Il n'est pas juste pendant qu'un Dieu s'anéantit pour rendre liouimage il i'Ktr>; souverain du ;Pùre éternel que la créaluru subsiste.

Aller sacrifier un Dieu et se vouloir conserver et demeurer en soi-même, c'est une chose ell'royable. Comme donc ma méchanle vie ne mo [lermet pas d'entrer (ians l'état d'hostie, je me vois entièrement incapable d'entrer dans le saint et divin état du sacerdoce. Mais ce qui est terrible, c'est que me voilJi engagé i>resque, malgré toutes les oppositions que je porte pour un si angéliqne état de l'apct-pteravec tous mes désordres. 11 faut, à moins que je ne quitte l'arehidiaconé, (;ue je prenne les ordres sacrés. Je m'en vais àEvreux; si la Providence ne nous fait changer de dessein, et j'espère y être les l'êtes de la Pentecôte. Comme mon évêque n'y sera j)as à ce qu'il m'a dit, je serais i)ien aise de savoir si on donnera les ordres à Kouen, car n'en ayant encore reçu aucun, je serai obligé d'en prendre, et je tâcherai de uie rendre à Houen pour ce sujet. Je ne sais pas si iM. de Vaubreuil a reçu les lettres que vous dites lui avoir envoyées, car je ne l'ai point vu depuis que j'ai reçu les lettres ou vous témoigniez en être dans l'incertilude. Comme je suis très-souvent occupé en ville, il s'en alla sans que je le visse, il vint chez nous pour me dire adieu, et je ne l'ai su nue longtemps après qu'il s'en est allé. On s'était oublié de me le dire. Je vous supplie de témoigner aux dames Mauger que je suis leur serviteur de bien bon cœur. 11 y a longtemjis que j'avais prié qu'on leur témoignât comme aussi à la bonne sueur écossaise; je ne m'étais oublié ni des unes ni des autres. C'est le jour de la fêle de la bienheureuse Jeanne de la Croix, le jour de l'invention de la sainte Croix que je vous écris. Je vous supplie quand vous verrez la bonne mère Procure des Carmélites, de me recommamJer à ses saintes priè- ~'~ et de lui dire que je suis tout occuité

croyez en Jésus et Marie, madame, votre très-humble et très-obéissauLserviteur, etc.

LEITRK LXXIX.

MADEl.EIM.: CHAMOIS, RELIGIEUSE Bi^:NÉDICTI?iE A ROUEN

Charité de Boudon.

DIEU SEUL

Madame,

Jésus crucifié soit notre unique vie par le Irès-saint cœur de son aimable Mère. Je vous en reeoiniiinnde la dévotion le jour de la fêle, le 8 de février. Je vous écris ce mot pour vous témoigner qiiej'ai reçu vos lettres, et alin de vous sup|ilier si vous iiouvez attendre quelque temps dans le carême, ou je recevrai de l'argent et vous renverrai sans faillir celui que vous me donnerez, d'envoyer 13 fr. à Marguerite de ma part, et aussi de donner 12 fr. à M. Burel, quej'ai ciiargée de lui donner de la part de la révérende mère du Saint-Sacrement, et vous trouverez ici une lettre incluse pour lui, mais vous ne lui donnerez pas si vous ne pouvez lui donner l'argent, car je ne lui écris que pour ce sujet. Si vous iiouvez me faire ce jilaisir, vous m'obligerez bien fort, car vous voyez que cela presse, et je ne recevrai de l'argent que dans le carême. Vous êtes assurée que je vous renverrai sans doute ce que vous me donnerez. Pour celui que vous m'avez donné, je vous prierai d'attendre encore quelque temps. Vous n'y perdrez rien, comme il est très-juste. Je suis pressé de finir. Priez Dieu pour celui qui est ]jarfaitemcnt. Madame, votre très-humble et affectionné serviteur, Boudon, l'esclave de Marie, des anges et des saints.

Evreiix, ce i9 janvier.

res

des créatures, ce qui est'bien déplorable. Je m'en vais tout jierdre dans mon archiuiaconé, ce qui ms console, c'est que j'es|)ère que la très-sainte Vierge aura la bonté d'en prendre le soin, car j entends bien que ce soit elle fpii en soit l'archidiacre. Autrement je n'en veux |ioinl du tout. Je salue de gi'anoe allection madame et mademoiselle de Sens, madame le Mo,\ne et toute sa famille. Je vous su|iplie de jirier la sainte V'ierge, l'asile des misérables, qu'elle m'obtienne |iardon «le mes jiécliés ; comme elle est le refuge des pécheurs, on celte qualité je me jette devant le trône de ses miséricordes pour èlre assisté de sa faveur, sans cela tout est perdu; je n'ai jusqu'ici mené qu'une vie de damné. Je suis aussi le serviteur très-humble de M. de Troville, je serais bien aise si Dieu tout bon nous donne occasion de le voir. Adieu, priez pour ma méchante vie, atin qu'elle s'amende, et me

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